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 [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]

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MessageSujet: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Jeu 26 Avr - 21:27

Spoiler:
 

Dix-huit heure pile... La tension était à son comble... Le Fanond Linaë était remplis de tout ceux qui voulaient, s'amuser, boire, chanter et danser. Tous attendaient avec impatience que le feu vert soit lancé... Non ! En vérité, il attendaient sa venue, lui qui allait bouleverser leur quotidien par son apparition, lui qui allait enchanter leurs cœurs par sa présence enflammée ! Mais il aimait se faire attendre, entrer en scène demandait de la préparation : il fallait faire monter la pression, tout doucement... Une foule était comme un enfant capricieux : malléable mais tellement explosif ! Atteindre le point critique de l'impatience sans le dépasser était tout un art, un art que notre cher Maître de Cérémonie maitrisait maintenant à la perfection. Il était certain qu'il allait faire des étincelles, allumer des feux dans le cœur des demoiselles, attiser les flammes de la jalousie chez les messieurs mais que voulez-vous ? Il est né parfait voilà tout ! Sa classe naturelle était sans pareille, nul besoin de le comparer : on admettait aisément sa supériorité, sauf si bien entendu on était fou... Son sourire éclipsait le soleil, ses yeux faisaient pâlir de honte les abysses les plus noires tant leur profondeur surpassait la leur, son corps semblait sculpté par les dieux eux-mêmes et la création avait de loin surpassé ses créateurs depuis longtemps. Oui, c'était lui qu'ils attendaient, avides de pouvoir profiter de la fête sous son regard bienveillant. Depuis longtemps il était là, il avait présidé bien des fêtes et ne pouvait se lasser de cette fascination ambiante lors des différents festivals, de l'euphorie générale qui empoignait chaque personne présente... Aaah... Qui pouvait se lasser d'entendre les rires se répercuter dans le cratère ? Qui pouvait résister à cette joie ambiante, à ce défilé haut en couleur ? Personne, voilà la réponse... Personne et encore moi lui.

La foule était maintenant au point critique : c'était l'heure d'entrer en scène. L'homme claqua des doigts et disparu de son fauteuil... Dans le Fanond Linaë, les lumières s’éteignirent, laissant la lumière blafarde de la lune éclairer l'endroit. Au centre de la place principale, sur l'estrade, un vent noir se mit à tournoyer, s'élevant de plus en plus haut vers le ciel pour disparaître d'un coup dans un flash aveuglant. Les lumières étaient revenues et une voix tira la foule de sa contemplation. Une voix masculine appartenant à un homme au centre de l'estrade. Comment était-il arrivé là ? Sa voix enjouée et son ton entrainant firent taire toutes les questions : c'était le Maître de Cérémonie, celui sans qui rien ne pouvait commencer, c’était le pilier de la fête, c'était... Simkin.


« Bonsoir à vous mes joyeux lutins adorés !
Je suis Simkin Van Phaedimus et votre hôte pour cette magnifique soirée !
Mais avant de commencer, j'aimerais comme la tradition le veut,
Ajouter ma touche à ce lieu. »



L'homme nommé Simkin s'arrêta un instant, ménageant son effet et se remémorant ces choses anciennes dont seuls très peu d'habitants se souvenaient encore véritablement. Si certaines personnes étaient l'Histoire alors il avait décidé - de son propre chef - de devenir la Mémoire de l'île. Pour elle, pour que son histoire, ses pensées et sentiments ne soient jamais oubliés... Lorsqu'il parla de nouveau, sa voix avait changée et emplissait tout le cratère : elle était mélancolique, d'une grande profondeur et d'une douceur sans pareille.

« Hiro l'Etincellant, ainsi il fut nommé.
Mae au Grand Souhait, ce nom lui fut donné.
Grâce à leur ensemble, la vie fut accordée
Et la magie fonda notre bien aimée Hiromae.

De cette ère si pure,
Où la vie était si dure...
Un espoir fut proclamé
En faveur de notre Hiromae

Longtemps la paix fut notre alliée
Mais la guerre voulait tout ravager
Le Tyran ici pour nous soumettre
Regretta d'avoir été le maître

La Soumission sans pareille mesure
Fut essoufflée face à ce mur
Et le Tyran dans son angoisse
Mourut dans l'oubli des masses

A travers le temps, les tragédies se renouvellent
Et encore une fois la vie fut cruelle
Son peuple et sa famille lui furent arrachés
Et maintenant de son lieu de repos elle ne peut qu'observer

Pour nous protéger elle s'est sacrifiée
Chaque jour, elle veille sur Hiromae
Pour nous tous c'est un bouclier
Miyu Ô Miyu... Comment t'oublier ?

Mais maintenant tout est changé
La Couronne nous est revenue
Sous une forme plutôt inattendue
Et bien qu'elle soit difficile à aimer

Je vous prie de croire ces mots censés
Notre Reine est faite pour régner.
Sur ces paroles mes amis je vais vous laisser
Profitez bien de la paix du Fanond Linaë. »


Silence... Sa voix finissait de se répercuter contre les parois rocheuses du Fanond Linaë tandis qu'il effectuait une courbette parfaite sous les applaudissements, d'abord timides, puis grandissants. Après quelques instants, il fit signe à la foule de faire silence et repris la parole sur un ton différent.

« Mes amis voici venue l'heure que vous attendiez tous !
Les étoiles m'en soient témoins, ce festival allègera vos cœurs
Et la fête pourrait même faire fuir la mort à vos trousses
Je déclare ouvert le Haken no Matsuri ! »



Nouveau applaudissement, Simkin fit une nouvelle révérence et se dirigea vers la sortie de l'estrade avant de se retourner doucement d'un coup en souriant.

« Oh, dernière chose : j'ai un petit jeu à proposer aux joueurs de tout bords...
Essayez de m'amener ce que j'aime le plus et vous serez récompensés.
L'intérêt étant bien sur de deviner ce qu'il faut m'apporter...
Bon jeu ! Vous me trouverez près de la piste de danse. »



Puis il quitta la scène sous des regards plutôt perplexes... Simkin alla doucement à l'emplacement qu'il avait désigné et regarda la foule se mettre en marche vers sa distraction tant attendue. Quelles surprises allaient se produire cette année ? Il avait hâte de les contempler, le Haken no Matsuri avait commencé !
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Jeu 3 Mai - 22:49

Il n’était que dix-huit heures mais déjà la lune avait remplacé le soleil d’été – Loegrie ne s’en aperçut que lorsque les projecteurs s’éteignirent, plongeant la foule pressée dans la pénombre subtile de la nuit. Néanmoins, la ville était assez proche pour que ses lumières, même lointaines, empêchent de voir la totalité des étoiles. Instinctivement, l’oni releva son fin nez vers ces dernières, ayant toujours apprécié leur contemplation. Ce fut pourquoi il ne remarqua rien de l’étrange apparition de Simkin sur la scène, dans un nuage noir – juste les couinements de Lys et ses quelques amies, ravies. Une d’elles se tenait au bras de Loegrie, pensant pouvoir en faire son cavalier de toute la soirée. Lui ne s’était pas montré contre l’idée et avait apprécié lui tenir la main sur le chemin. Mais plus que par envie, les deux étaient ensemble par défaut. La jeune femme laissait son regard se balader sur les autres hommes, à l’affut du moindre visage qui pourrait lui plaire. Certes, Loegrie n’était pas incommodant, mais n’était pas vraiment son type. Elle le trouvait, au fond d’elle, au physique un peu trop archaïque, un peu trop brut. Cela se voyait surtout ce soir de fête, dans les habits choisis par l’oni. Comme à son habitude, la dominante de ses habits était le noir, mais la richesse de ses apparats expliquait une tenue si sobre (quoique dans le dos était brodé Mahakala l’imposant, comme pour rappeler à autrui qu’il n’était pas un agneau). Ses bras étaient couverts de ses kadas, riches bracelets d’or finement ciselés et pour certains sertis de pierres. Représentant ses origines laotiennes, un sache rougeoyant serrait sa taille et sa coiffure rappelait légèrement celle des femmes de ce pays. C’était loin de la tenue traditionnelle japonaise, mais l’oni ne l’appréciait que peu et dans la salle, déjà beaucoup l’arboraient. Il aimait se démarquer, fier comme un roi.

Quant à Loegrie au sujet de sa cavalière, il la sans goût, physiquement et psychologiquement. Non pas que son visage soit disgracieux ou qu’elle soit sotte ; mais elle manquait d’épices. Il n’avait pas même retenu son prénom. Ces pensées firent surgir dans son esprit l’image d’une belle féroce, qu’il savait être suffisamment pimentée pour lui. Peut-être un peu trop, car rarement il ne pouvait y goûter, et toujours s’y brûlait. L’envie de la voir naquit en son cœur tandis que dans sa tête le contraire germait – cette reine tyrannique risquerait de faire de sa soirée un enfer si jamais leurs pas se croisaient. Il mordit ses lèvres et repoussa son envie au fin fond de son esprit. L’oni ne savait vraiment pas se montrer raisonnable.

Parce qu’écouter n’était pas son fort, l’oni préféra balader son regard dans la foule environnante, ne prêtant attention qu’à moitié à l’énergumène qui se tortillait sur scène. Ce n’était pas la première fois que le cornu croisait Simkin et ses vers, mais pire que cela – la jalousie qu’il éprouvait envers cet individu l’empêchait de l’apprécier comme quiconque le ferait. Certains ne venaient que dans le but d’entrevoir le maître de cérémonie, qui avait pour lui un charisme certain (mais le cornu lui trouvait juste un air ridicule). Ce dernier même semblait beaucoup en jouer, en toute connaissance de cause. L’oni ne pouvait s’empêcher de trouver ce genre d’individus dérangeants. Peut-être complexait-il un peu sur sa face de phacochère ; surtout depuis que l’apparence avait pris tant de place dans la vie de tous les jours. Le cornu ne pouvait rester imperméable au monde autour de lui changeant.

Ainsi, une grande partie du poème sur la naissance de l’île et ses légendes échappa à Loegrie, bien plus occupé à laisser flâner son regard à la recherche de courbes sensuelles à aller saisir, sous prétexte de les saluer. Il n’était pas venu à la fête pour repartir sans avoir pêché une jolie sirène – ou elfe noire. Ce qui le retenait par le coude n’était que la roue de secours, si jamais rien de mieux ne se présentait et l’oni en doutait. Il y avait tant d’exotiques créatures au sein d’Hiromae, qui pour la fête revêtaient de fabuleux apparats qui les rendaient encore plus alléchantes. Les yukatas, qui étaient la majorité, avait pour lui cette étrangeté qu’ont les vêtements qu’on sort peu, malgré leur luxe et beauté. Ils cachaient les formes mais leurs plis aidait à les imaginer et l’oni savait que les plus traditionnelles ne portaient rien en dessous. Qui plus est, la douceur du tissu attirait son toucher et leur frémissement enchantait son ouïe. Cela valait bien plus que n’importe quelle strophe. C’était décidé, Loegrie ferait son possible pour repartir avec une belle en yukata. Il irait chercher la plus belle dans son plus beau vêtement ; mais déjà fallait-il la trouver et, évidemment, la séduire… ce qui était loin d’être son point fort.

Le silence grandissait au rythme du poème de Simkin, les respirations s’arrêtaient mais les rythmes cardiaques s’accéléraient. Loegrie bailla. Des applaudissements prirent la relève aux mots choisis, entrecoupés par deux fois encore par la voix du théâtral. L’oni fut surpris par la fin – un jeu. Peut-être aurait-il dû écouter plus en détail ce que cet hurluberlu racontait ! Qu’est-ce qui pouvait lui faire le plus plaisir ? Une culotte ? Loegrie se souvenait vaguement avoir vu, au bureau des quêtes (oui, il y passait encore, parfois) quelqu’un se plaignant d’avoir perdu un dessous et suppliait qu’on le lui ramène… Maintenant, sa mémoire lui revenait. C’était signé Simkin. Etait-ce le même ?

Non, ce ne pouvait être cela. Ce ferait trop désordre. C’est ainsi que la fête commença véritablement, avec un oni complètement déboussolé. La foule commença, tout doucement, à se disloquer pour envahir le lieu de la fête. Certains, qui parlaient fort et riaient beaucoup, avaient certainement commencés la célébration un peu plus tôt. Nez en l’air, planté sur place, le cornu cherchait quelqu’une. Mais qui, il ne savait pas encore. Et cette histoire avec Simkin le taraudait… il irait bien le menacer un peu, pour en savoir plus. Et, y avait-il quelque chose à gagner ?
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Ven 4 Mai - 9:14

Le Fanond Linaë. Un lieu aux allures mystiques et attisant l'imagination d'une façon toute singulière. Comme chaque année à la même époque, un nom, un événement se lisait sur toutes les lèvres des habitants d'Hiromae. Une fête que Belshazzar attendait à chaque fois avec impatience, depuis son arrivée ici. Son nom ? Haken no Matsuri. Il fallait dire que la belle adorait les festivités, les regroupements de personnes différentes et semblables à la fois. Après tout, en bonne créature sociable qu'elle était, rien de mieux que voir du monde. Et outre cela, c'était toujours une bonne occasion pour dégotter une bonne compagnie, porter de belles tenues et plaire au grand nombre. Vaguement narcissique sur les bords, l'Oni adorait se faire remarquer et être la plus belle. La mieux habillée. La plus élégantes ou encore, la plus singulière. Pour cela, elle jouait sur quelques détails de sa personne, comme ses attributs cornus, la couleur particulière de ses yeux, ou encore, la blancheur immaculée de sa chevelure. Car cette occasion était une des rares où elle arborait une crinière naturelle et sans la moindre coloration superflue. D'ailleurs, elle avait passé une semaine entière à choisir sa tenue, dans les moindres détails. Appréciant grandement la simplicité et l'élégance des yukata, jolies tenues originaires du Japon, qui avaient beaucoup de succès sur l'île.

Ainsi, chaque année, elle en faisait tailler un nouveau, sur-mesure. Et cette fois-ci, son choix c'était porté sur une étoffe de coton à la fois fin et doux, teintée d'un dégradé de mauve, sombre en haut, et plus clair en arrivant au fond. Le tout décoré de fleurs diverses, brodées de fils argentés et mauves. Très élégant, vraiment. Le obi, lui, allait être bien plus simple, le même mauve que le font de sa tenue, tout bonnement. Et puis, c'était sa couleur préférée, alors autant en profiter. La principale pièce de sa tenue allait donc être aussi simple qu'agréable et seyante. Pour les bijoux, elle avait premièrement opté pour la simplicité et ne pas mettre de bijoux si ce n'est son éternelle chaine en or, accompagnée de la chevalière du Duc de Renardier. Cependant, après réflexion, la demoiselle avait décidé de rajouter quelques bracelets en or et perles noires. Oui, ça lui ressemblait bien plus, il n'y avait pas à dire. Le seul détail qui lui avait posé problème, c'était sa coiffure. Décidée à plaire à un jeune homme ce soir -et le ramener chez elle. Même si quelque chose, au fond de son coeur, la suppliait d'oublier cette idée idiote. Parce qu'il y avait déjà quelqu'un. Murmure suppliant qu'elle avait chassé d'un revers de main rageur, pour finalement se décider. A savoir, une tresse sur le côté, savamment négligée, et retombant sur son buste, pour arriver au niveau de son ventre, quelques mèches encadrant son visage au teint légèrement hâlé. La belle avait la chance d'avoir une chevelure plutôt longue et soignée, et en jouait, évidemment. Sans être une séductrice assidue, cependant.

Elle était prête. Une touche de mascara, et c'était tout -pas de lunettes évidemment-. C'était donc ainsi qu'elle s'était retrouvée à la fête, toute pimpante et prête à séduire celui qui lui taperait dans l'oeil. Quand bien même le tout avait un léger arrière-goût amer, lorsque certaines pensées surpassaient les autres. Et il était totalement hors de question qu'elle laisse les remords troubler la fête qui s'annonçait belle, assurément.

La foule était compacte, presque grouillante, dans la pénombre toute relative des lieux. On attendait quelque chose. Et ce quelque chose ne tarda pas à se produire. Encore seule pour l'heure, elle glissa lentement son regard sur l'énergumène qui venait de se faire remarquer, sans discrétion aucune. Évidemment. Un vague sourire étira le coin de ses lèvres, alors que distraitement, l'oni suivait ses mots. Cependant, alors qu'il continuait de déblatérer et captiver l'attention de bien des demoiselles, son esprit à elle commença à divaguer. Quelques bribes de souvenirs datant d'il y a quelques années déjà. La première fois qu'elle l'avait rencontré. La toute première fois qu'elle avait déposé son regard sur cette imposante silhouette, et qu'elle s'était irrémédiablement embarquée dans une histoire compliquée et douloureuse. Elle se rappelait encore de son regard, et de son sourire, mais encore de...

Tout à coup, elle fut sortie de ses pensées par... Le silence. Oui, le fait qu'il n'y ait tout à coup plus le moindre bruit l'avait coupée dans le retour de ses souvenirs. Embrassée à l'idée qu'on ait pu la voir aussi pensive, voir même nostalgique, elle passa une main dans sa chevelure blanche et soupira, pour ensuite regarder autour d'elle. A la recherche d'une connaissance, ou juste un charmant garçon qui pourrait animer sa soirée.

La fête était officiellement lancée. Les réjouissances allaient démarrer, et le monde autour d'elle s'agitait un peu. Ces messieurs dames s'échauffèrent quelque peu à l'annonce de l'étrange jeu proposé par Simkin. Quelle idée tordue pouvait bien lui passer par la tête ? La réponse lui échappait -quel drôle de personnage- et puis bon. Cet amusement ne l'intéressait pas tellement. Son esprit préférant vaquer à des occupations bien plus futiles.

Tout le monde se séparait, petit à petit, pour rejoindre les distractions environnantes. Elle les imita, se mettant à marcher, lentement, à petits pas, puisque c'était tout ce que lui permettait sa tenue. Fort belle tenue, lui allant à la couture près. Moulant sa poitrine qu'on pouvait qualifier de bien en chair, presque opulente. Ainsi que son ventre plat, joli fessier et hanches agréables, évidemment. D'ailleurs, tout ce joli corps s'avérait uniquement paré de ce vêtement traditionnel. Rien de plus, rien de moins. Pas de dessous. L'envie de se tenir à la tradition ? Ou moyen vicieux de séduire, de taquiner, titiller ? Un peu des deux, assurément, Bel étant friande de ce genre de choses.

Marchant toujours,plus occupée à lisser un pli de sa tenue que regarder où elle marchait, elle percuta un mur. Enfin, ça, ce fut ce qu'elle cru dans un premier temps, avant qu'elle ne rouvre les yeux. Un torse. Masculin de tout évidence et appartenant à une personne de grande taille. Il ne fallut qu'un détail de plus, le visage lié à se torse, pour lui arracher un soupir entre l'agacement et la nervosité. C'était bien la dernière personne sur qui elle pensait tomber, quoi que percuter était plus juste, et l'unique qu'elle désirait réellement voir, peut-être. Bon. Comment réagir ? Déjà, ne pas laisser voir la pointe de gêne qui s'était emparée d'elle. Ainsi, elle afficha un sourire railleur, pour ensuite se redresser correctement, se retrouvant plus grande que la fille qu'elle avait à peine remarquée, accrochée à son bras comme un parasite à un animal. Charmante comparaison. Puis, elle passa lentement sa main dans sa crinière opaline, dégageant son visage plutôt agréable, jusqu'à finalement dire, histoire de reprendre contenance :

« Mais qui voilà ! Loegrie et... Une de ses petites greluches. Charmant tableau. » Un mélange de jalousie bien mal dissimulée et de mesquinerie toute en délicatesse. Autant dire qu'il était évident que le voir avec une femme l'horripilait, mais qu'elle soit aussi banale éveillait en elle une certaine ironie. Mais qu'importe.

Jetant un regard en coin à la fille qui avait intérêt à se faire bien petite, elle reporta son intention sur l'oni. Il avait de l'allure, absolument. Élégant, intimidant aussi. Séduisant, mais elle ne risquait pas de l'avouer. Préférant le traiter de phacochère, tout ça à cause de la proéminence de ses canines inférieures. Qu'elle ne trouvait pas dérangeantes, loin de là. Ça lui donnait un petit quelque chose de bien alléchant. Seulement... Encore une fois, elle ne le montrerait pas. Fierté et surtout, refus de tomber dans ses bras comme toutes ces petites idiotes. Elle valait mieux que ça. Non ? Dans tous les cas, elle ne comptait pas s'arrêter là, et comme si de rien était, ajouta :

« Belle soirée qui s'annonce, n'est-ce pas ? Bon, pas pour tout le monde. Parfois, mieux vaut être seul que mal accompagné, semblerait-il. » Un accent presque pompeux, reste de sa vie d'avant, avec ces mesdames les Marquises et Duchesses, parfois même Comtesses. C'était la belle vie, peut⁻être bien, mais il y manquait de piquant. Au contraire d'à présent.

Et la voilà donc, fière et vipère, le fixant droit dans les yeux, sans jamais ciller. Tentant de museler l'envie de l'instant, pour ne laisser que l'acidité de ses mots.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Ven 4 Mai - 23:05

Alors que son esprit était plus occupé à vagabonder à la recherche de souvenirs ayant traits à la personne de Simkin, quelque chose percuta son corps. Loegrie ne s’était pas attendu à ce que quelqu’un vienne si brutalement l’alpaguer et resta inerte. Le choc n’avait pas été violent, lui indiquant que c’était plus une maladresse qu’une attaque. Quoique quand son regard croisa celui de celle qui l’avait percuté, le cornu se sentit agressé. Son cœur fit un bon de surprise, semblable à celui des enfants qui se retrouvent devant un cercueil dans une maison hantée. Cela certainement expliqua la grimace qui naquit sur son visage, bien que la créature infernale qui était rentrée en contact avec lui présentait une silhouette agréable. Son teint lumineux était mis en valeur par la couleur de son yukata, qui oscillait entre améthyste et parme. La lumière des alentours s’accrochait à quelques broderies aux riches motifs floraux mais rien de cela ne valait le chaud chatoiement de sa chevelure à la teinte glacée, qui entourait son visage rond comme les fruits des pêchers. Mais ce fruit était pourri d’une grande entaille. Un sourire malsain. Les naseaux de Loegrie frémirent alors qu’il se recula d’un pas, sachant ce que ce rictus présageait. Une pique, une méchanceté gratuite. Pourquoi avait-il fallut qu’elle soit possédée par on ne sait quel démon malin ? Que se passait-il pour qu’elle, si avenante et délicieuse au naturel, ne change de caractère dès que tous deux se croisaient ? Le cornu avait connu la malvenue, auparavant, si douce et caressante… autre chose que cette vilaine mordante.

Une envie de se réfugier dans le passé se planta dans son cœur, déversant dans ses entrailles une cascade de regrets. Peut-être que s’ils n’étaient pas si fiers… peut-être que s’ils n’étaient pas aussi réactifs, violents, futiles et désespérants… que des peut-être. Plein de peut-être. Mais pas d’assurément, d’incontestablement. Pas de forcément, pas de de certainement. Ni même d’évidences. Une relation hagarde, malmenée par son manque de stabilité, les non-dits, les aléas des humeurs et la rouille qu’y apportait le temps. Il n’en restait qu’une carcasse aux os brisés, de ce passé que Loegrie se souvenait être si heureux.

Toujours plus vive quand il s’agissait des mots que Loegrie, ce fut Belshazzar qui lança la première attaque. Et à leur habitude, elle ne s’attaqua pas directement au roi adversaire, préférant faire durer la partie. Il semblait qu’un simple échec et mat ne lui suffisait pas. Elle voulait supprimer chacune de ses défenses, de ses pions, cavaliers, tours… Néanmoins, jalouse de la demoiselle qu’il avait choisi pour reine de son camp, l’oni aux cheveux blancs rapidement bougea ses pièces, menaçant la demoiselle agrippée au bras de l’ogre. Ce dernier, par réflexe, la cacha derrière son corps – car c’était sa seule défense. Les mots fuyaient son esprit fait pour attaquer et non pas parler. Surtout devant elle. Tout ce qu’il voulait lui dire, c’était à quel point il la trouvait épanouie, dans ce vêtement qui, comme une seconde peau, flattait ses courbes qu’il avait connues mais qui à présent, se dérobaient trop souvent sous ses doigts avides. Elle le fuyait, mais aussi l’appelait. Pourquoi le cherchait-elle tant, s’il ne faisait que l’exaspérer ? Pourquoi ne le fuyait-elle pas, partant loin de ses horizons ? En quoi était-il amusant de venir le saisir à la gorge, dans le but de l’étrangler ? De le faire suffoquer sous ses attaques et d’essuyer ses répliques à lui ? Toutes aussi charmantes que les siennes, d'ailleurs. Ils se ressemblaient tant sans rien partager en commun, mise à part leur race.

Loegrie fut étrangement soulagé de ne distinguer aucune silhouette masculine auprès de Belshazzar et une tira une satisfaction perverse. Etait-il si horripilante qu’aucun ne s’était proposé pour l’accompagner ? N’était-ce pas une preuve qu’elle n’était qu’à lui, qu’elle n’était faite que pour lui ? Lui seul s’entêtait à veiller sur elle. A l’aimer, la protéger, la soigner… lui seul le faisait, le pouvait et en avait le droit. Belshazzar lui appartenait, comme une reine s’en remet à son chevalier. Non, comme une reine est soumise à son roi, dans les traditions les plus machistes et tyranniques qu’avait connu Loegrie au cours de sa folle vie. Mais encore sa dulcinée se rebellait contre lui, défiant son autorité. Belshazzar ne l’acceptait pas et Loegrie s’en retrouvait profondément peiné dans ses sentiments, mais aussi dans son égo. Sa greluche, comme la cornue le disait, ne remettait pas en cause les positions de Loegrie. Elle ne pestait pas à chaque fois qu’il souriait à une autre. Ne cherchait pas à le ridiculiser, le blesser ou l’offenser. A côté de Belshazzar, l’ogre la voyait comme parfaite. Son visage n’était pas tordu par un difforme ricanement et son absence de parole se révélait être une timide réserve, rajoutant à son aspect fragile que lui conférait sa jeunesse et sa silhouette sans crocs ni cornes ni autres attributs animaux.

Parce qu’il avait oublié son prénom, il allait lui trouver un surnom. Mon ange. Quelque chose de classique, d’un peu insipide. Mais qui reflétait tellement la vision que Loegrie avait de la demoiselle en cet instant, comparé au démon qu’était Belshazzar. Sa main se déplaça, entourant les épaules de l’ange, la serrant contre lui alors que la diablesse ouvrit une nouvelle fois sa gueule pleine de vipères. Derrière lui il entendit la voix de Lys prononcer tout bas, mais de façon distincte « oh non, pas elle ».

Parce qu'il présageait une dispute encore plus grande si jamais la nymphe s'en mêlait, Loegrie ouvrit la bouche, sans trop penser à ses paroles. « Tentes-tu de solacier ta solitude par ce mesquin soutra, serpent terrible ? » - voilà une phrase digne de l’oni, qui fit devenir les yeux de l’angélique ronds d’incompréhension. Le nombre d’allitérations n’aidait en rien à la compréhension – tout comme le vocabulaire choisi. Mais cela ne s’adressait qu’à Belshazzar et Loegrie savait qu’elle le comprendrait, malgré la vieillesse de ses mots. Quand il était à ses côtés, le cornu n’avait pas à chercher à clarifier ses paroles ou pensées. Ils se comprenaient, juste en se regardant. En se sentant. Et pourtant, communiquer ce que véritablement ils voulaient l’un de l’autre semblait être une chaîne de travaux irréalisables. Sa main se crispa sur l’épaule de son ange, vers lequel l'oni tourna son regard, brièvement, pour lui sourire. Celle-ci ne put s’empêcher de le lui rendre, plus par mimétisme que par véritable envie. Ce n’était que montage. La main de l’oni était trop crispée sur l’épaule de la jeune fille pour quelqu’un qui voulait donner l’impression d’être détendu et supérieur. Tout ce que faisait le grand être, c’était chercher des barrières, des remparts contre la présence de Belshazzar. L’ange était son point de repère. Il se créait avec elle un amour factice, pour ne pas penser à celui, haineux, qui le rattachait à sa semblable. Il se créait un faux dégoût, pour s’empêcher de tomber à ses pieds. Il s’entêtait… Loegrie se retourna vers sa cavalière, la charmant d’un ton doux et de mots susurrés, comme si Belshazzar n'était pas là, devant eux. « Elle est juste jalouse, mon ange… elle est seule, comprends-la. » Une caresse dans ses cheveux clairs. « Si triste… » Si triste son cœur était qu’il le brûlait. Dans son dos il entendit Lys soupirer ; cette dernière s’était déjà heurtée plusieurs fois à la relation entretenue par les deux onis et pressentait avec justesse le jeu qui se profilait.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Sam 5 Mai - 1:40

Oh oui, elle était cruelle. Pleine de venin, qui bouillait dans ses veines et qu'elle crachait au visage de son semblable et des femmes osant l'approcher. Il le cherchait bien, à vrai dire, et exposait ces filles à la colère de Bel sans le moindre remord. Parce qu'il savait attiser sa jalousie, autant que la voir parler à un autre attisait la sienne. Elle aurait pu se montrer agréable, si seulement elle n'avait pas été là. Cette fille qui n'avait rien demandé, et qui pourtant, se mettait entre eux deux. Comme toutes les filles qui pensaient être aimée de lui, mais qui n'était qu'un moyen de se soulager ou juste de prendre du bon temps. La jeune femme se trouvait cependant idiote d'encore espérer après lui. D'encore penser qu'il voulait d'elle, alors que son attitude, à ses yeux, démontrait clairement qu'il voulait la détruire, la massacrer et l'abandonner une fois qu'elle aurait perdu tout intérêt à ses yeux. Cela durait déjà depuis neuf ans, et pourtant. Ça trainait en longueur, et elle commençait à en être écœurée, de se retrouver si seule à mesure que le temps passait.

Combien de temps cela allait-il prendre avant qu'il lui réponde ? Elle n'aimait pas qu'on ait pas suffisamment de verve et d'entrain pour lui répondre rapidement. Pour tout dire, elle se lassait vite, d'à peu près tout, que ce soit les vêtements, la nourriture, les gens. Absolument tout. Mais il s'avérait qu'il y avait une exception. Du genre totalement égoiste et injuste. Mais elle n'avait rien pu faire contre ça. Ça lui était tombé dessus, et elle n'avait jamais pu s'en défaire. A chaque fois qu'elle y repensait, elle se trouvait tellement ridicule et minable, tellement pathétique. Et elle continuait. Aimait-elle souffrir ? On pourrait le croire, et pourtant.

Une vois se fit finalement entendre. Pas celle espérée. Une voix qu'elle rêvait parfois de l'entendre supplier de ne pas lui faire de mal. Cette fille, elle la détestait. Quelque chose de viscéral. Parce que c'était à cause de son existence que tout s'était effondré, en partie. Tout allait si bien. Et... Elle avait craché dessus avec impudence. Et ce commentaire, quoi que rien ne se voyait, lui avait pincé le cœur. Sans afficher autre sourire que celui qu'elle arborait déjà, l'oni murmura quelque chose entre ses dents, en français, sa langue natale. Quelques choses aux allures de « Ferme-la, la Marie-couche-toi-là. » mais pas suffisamment fort pour qu'on l'entende. Même si son regard la trahirait peut-être.

Et lui, enfin, daignait parlait, répondant à la provocation à peine dissimulée d'une façon que visiblement, ils étaient les deux seuls à comprendre. Il suffisait de voir la face de poisson-lune qu'arborait tout à coup l'insignifiante qui pendait à son bras. Cependant, il y avait un mot qui l'avait blessée plus efficacement qu'une gifle, qui elle, se serait surtout attaqué à sa fierté. Elle connaissait très bien sa hantise des serpents, et la nommer ainsi la confortait un peu plus dans l'idée bien amère qui depuis quelques temps déjà, avait germé à la fois dans son cœur et son esprit. Autant le dire avec sincérité, elle avait eut le coup de foudre pour lui, dès le début. Et pour une créature qui jamais jusque-là n'avait ressentit d'amour pour qui que ce soit, ce n'était de loin pas anodin. Seulement. Même si elle refusait l'évidence de façon farouche, lui, il ne partageait pas ça. Elle l'avait cru, et encore maintenant, le croyait toujours. Idiote qu'elle était. Et pourtant, elle ne se démontait pas, gardait sa fierté bien rangée sous ses jupons, le dos droit, la tête haute et le buste bombé. Elle ne voulait pas céder et ne cèderait pas. Quand bien même il lui faisait ressentir qu'elle n'avait rien pour elle, de par ses actes et ses paroles, qu'elle n'était pas attirante à ses yeux, pas suffisamment intelligente, ce genre de choses. Belshazzar savait que c'était faux. Elle était cultivée, bien plus que bien des gens. Elle était belle, séduisante. Cependant, il fallait croire qu'elle n'était pas ce qu'il désirait. Pourquoi ne le disait-il simplement pas ? Tu ne me plais pas. Je ne veux pas de toi. Mais non.

Leur jeu était des plus malsains, à n'en point douter. Parce qu'elle n'en connaissait pas l'issue ni l'enjeu, au fond. Et qu'elle ne pouvait se permettre que de le rêver.

Son regard mauve observa tour à tour les deux personnes face à elle. Ils n'allaient pas ensemble, comme une paire de chaussettes dépareillées. Ou le Marquis du Phacochère et la pouilleuse du coin. Et eux alors ? Ils iraient mieux ensemble ? Évidemment. Ou pas du tout. Ils étaient de la même race, mais tellement de choses semblaient les éloigner. Douloureuse conclusion. Et pourtant, une fois de plus, elle ne montrait rien. Non, tout ce qui était visible à présent, c'était un sourire. Pas mesquin, pas cruel. Le plus délicat et doux des sourires qui soit, chose qui la rendait tout de suite tellement plus jolie, agréable. Ce sourire là, elle l'appelait le sourire de la Duchesse de Renardier. Travailler durant des années et des années pour être le plus charmant qui soit, et qui pourtant, n'était que délice d'hypocrisie et de mensonge. Un sourire que personne n'était capable de soupçonner n'être autre chose que délicatesse. Même pas l'oni. Encore moins ces pestes. Aucuns d'entre eux n'avait connu l'hypocrisie de la cour du Roi de France, de toute façon.

Ainsi, se faisant tout à coup douce et calme, très calme, elle enchaina, d'une voix accordée à son sourire : « Comme vous êtes adorable. A quand le mariage ? Vous faites un couple tellement mignon. » A vrai dire, ça lui arrachait la gorge de dire toute ça. Mais sa stupide jalousie la forçait à agir ainsi. La tête légèrement penchée sur le côté, dévoilant d'ailleurs l'oreille dissimulée sous sa chevelure neigeuse, ornée d'une boucle d'oreille en or, cadeau d'un certain oni. Elle la portait encore. Nostalgique.

« Cependant, si tu me permets une petite remarque... L'aimeras-tu toujours autant lorsque les années auront fait leur travail, que le temps aura prit ses droits sur elle ? Que le poids des jours qui se suivent feront s'affaisser ses traits, que sa peau se parcheminera et que sa poitrine sera tombante ? Qu'à force de vivre, son souffle sera usé, sa voix enrouée, qu'elle ne sera plus capable de marcher ? » Légère pause, ce sourire bienveillant collé à ses lèvres, toujours. Elle affichait avec distinction une certaine mesquinerie, souriante. « Et puis, quand le temps sera venu et que son corps sur la terre sera allongé, son être tout entier rongé de pourriture et de vers, qui dans leur recherche de nourriture, auront creusé en elle maintes et maintes galeries suintantes, l'aimeras-tu encore ? Chériras-tu encore son image ? Ou bien oublieras-tu son existence, comme tu oublies et chasses d'un revers de la main les paroles que tu dis ? » Au final, elle s'en fichait de sa réponse. Elle n'en avait rien à faire de cette fille. C'était juste pour lui montrer une chose. Elle, elle ne vieillirait jamais. Elle ne fanerait jamais. Juste une rose dont les épines trop acérées, devaient être retirées. Rose éternelle. Prétentieuse, mais énonçant une vérité qu'il ne pouvait nier.

Au fond, elle avait de la peine pour cette fille qui n'avait rien demandé. C'était lui qu'elle haïssait. Mais hors de question de le dire. Hors de question de lui faire le moindre cadeau.

Gardant toujours son sourire, elle enchaîna, s'adressant à la jeune femme puisque la regardant, l'amertume de sa voix la trahissant légèrement : « Quant à la solitude qui m'afflige selon lui, tu devrais lui demander comment il a broyé le bras d'Enzo, comment il a tabassé Ian ou de la façon dont il a terrifié Itsuki. Pauvres garçons. Ils voulaient juste me parler, mais ce cerbère cornu s'en est pris à eux sans la moindre raison. Cruel. » Prenant un air attristé qui au fond était sincère, elle tourna les talons, finissant par dire, sur un ton toujours aussi doux, déstabilisant : « Fais attention, avant qu'il ne devienne aussi la source de ta tristesse à toi, gamine. »

Elle avait plus de calme et d'élégance que lui, pour le coup. Pas la moindre colère ou animosité n'avait été démontrée. Même pas une insulte. Elle voulait lui montrer qu'elle ne renchérirait pas stupidement sur ses provocations sans saveur. Surement pas.

Et d'un pas lent, mesuré, elle s'éloigna doucement. A vrai dire, elle avait aperçu quelqu'un. Ivan, charmant jeune homme. Dans un premier temps, elle avait voulu l'éviter, mais finalement, non. Elle passerait le début de soirée avec lui. S'il voulait vraiment montrer qu'elle avait tort, qu'il ignore donc cette main glisser contre sa taille, ces doigts effleurant sa chevelure douce, ce sourire qu'il lui adressait. Bel aussi était capable de jouer, et pas seulement suivre bêtement. Elle voulait qu'il comprenne une chose. Elle n'était pas à sa merci.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Sam 5 Mai - 22:58

Son sourire malsain devint délicieux. Loegrie se mit en alerte, peu habitué à cet étrange faciès. Pas dans ce genre de moments. Il aurait pensé qu’elle se serait mise un peu plus en colère, ou qu’une ombre serait venue noircir ses iris. Belshazzar semblait s’être radoucie, comme s’il avait manqué ses attaques. C’est cela, que la belle tentait de lui faire comprendre ? Qu’il s’était trahi quelque part dans ses mots, et que cela avait mis à terre toute la rudesse dont il s’était paré ? Que cherchait-elle à faire passer, par ce brusque changement d’humeur ? A moins qu’elle ne baissait les bras ? Oui, elle mettait de côté sa colère pour aller dans son sens. Puisque le cornu était habitué à voir Belshazzar montrer ses vrais sentiments envers lui, il ne pressentit aucun mensonge mais cela n’empêcha pas son cœur de se retourner, mettant ses sens aux aguets. C’était trop brusque. Néanmoins, la raison de Loegrie fut bouleversée par ce visage, qu’il avait haï l’instant d’avant et venait de se révéler être celui d’une douce précieuse. Il la reconnaissait, à présent. C’était celle qu’il appelait ma reine, celle à laquelle il avait offert cette boucle d’oreille, qui pendait contre sa nuque à la couleur du sable. Il voulut tendre son bras, ses doigts. Saisir ce lobe percé et aller l’embrasser. Et lui dire que le mariage était pour bientôt. Le leur, évidemment. Non pas un autre. Pourquoi épouserait-il une autre créature, n’est-ce pas ? « Je ne sais pas, bientôt j’espère ». Quiconque l’écoutant aurait pris cela pour une plaisanterie. L’ange sourit, d’autres avec elle. Ces rires se noyèrent quand la demoiselle cornue reprit la parole.

Avait-elle oublié, ou peut-être jamais entendu les récits des anciens mariages de Loegrie ? C’est vrai qu’il aimait les jeunes et jolies. Mais tous ces bracelets, ces kadas. Savait-elle ce qu’ils représentaient ? Avait-elle oublié qu’il en avait reçu un à chacun de ses mariages, du père de la mariée ? Et que si encore aujourd’hui il osait les porter, les entendre tinter à ses poignets... ces chaînes du mariage, faites en or plutôt qu’en fer pour montrer à quel point elles étaient précieuses… c’était parce que toujours il avait été à leurs côté, même quand elles vieillissaient ? Le pensait-elle vraiment incapable d’amour, au point de s’envoler dès la première ride ? Pensait-elle qu’il avait cessé de les embrasser quand leurs lèvres avaient perdues leurs rondeurs ? Qu’il n’avait pas continué à caresser leurs cheveux ou n’avait pas pleuré à leur bûcher ? Cela lui avait tordu la gorge, de les voir se faner. Parce qu’il les aimait et non pas parce que leurs chairs disparaissaient. Parce qu’il ne voulait pas qu’elles disparaissent, pour le laisser de nouveau incomplet. Le mariage n’était pas, pour Loegrie, un contrat pouvant être résilié par des sujets aussi futiles que le vieillissement d’un corps. Loegrie ne mariait pas son corps à un autre. Il n’avait pas besoin de cela, pour se glisser entre les draps d’une quelconque. Loegrie mariait son âme à une autre âme et de ce fait, cela surpassait toutes les illusions de la vie. Car oui, ce monde n’est qu’une illusion. Mais dans cette illusion, l’homme peut atteindre un plan plus élevé grâce à sa femme – car en s’unissant, ils s’en vont vers l’Absolu indifférencié, comme Shiva et sa Shakti. Et si aujourd’hui toutes étaient mortes, que beaucoup ne laissaient dans son esprit que l’image de vieilles édentées, l’oni continuait de les vénérer, remercier et aimer. Et elles avaient subi sa jalousie sans jamais la lui reprocher, elles. Parce que Loegrie avait connu l’Inde à l’époque des invasions musulmanes, dont les harems impériaux et royaux n’étaient jamais assez remplis. Il apprit à craindre les étrangers, l’homme qui vient vers sa personne avec un grand sourire. Car derrière lui toujours il y avait son épousée, et les chances pour lesquelles l’inconnu cherchait à faire de Loegrie son ami pour se rapprocher de sa femme n’étaient jamais négligeables. Si jamais un tiers arrivait à lui retirer Belshazzar, elle ne serait pas la première que le cornu perdrait ainsi – mais il s’était promis que plus jamais cela n’arriverait. Si la créature aux cheveux d’argent devait devenir l’esclave de quelqu’un, cela ne devait être que de lui. Et Loegrie lui apprendra que dans sa vie, existe autre chose que l’amour des belles formes. Qu’existait l’amour, qui lui n’a pas besoin de fortes poitrines et corps lisses. Belshazzar pouvait être défigurée, réduite par une paralysie que toujours il serait à ses côtés. Il l’aimera toujours autant, même lorsque les années auront fait leur travail, que le temps aura pris ses droits sur elle. Que le poids des jours qui se suivent auront laissé des cicatrices dans ses chairs et son âme, que sa peau se sera abîmée contre le temps. Qu'à force de vivre, son souffle se sera usé et que l’envie d’aller de l’avant aura tant disparu qu’elle n’aura plus la force de marcher. Et puis, quand la mort sera venue la faucher (car ils n'étaient pas immortels) et que son corps sous la terre sera allongé, son être tout entier rongé de pourriture et de vers, qui dans leur recherche de nourriture, auront creusé en elle maintes et maintes galeries suintantes, Loegrie l’aimera toujours, si toutefois il lui survivait. Comme aujourd’hui son esprit pleure encore à la pensée d’Aunva ou de Kshirin. L’amour est éternel, contrairement aux caprices. Mais, comprenait-elle cela ? elle ne semblait pas... Il fallait qu'il lui apprenne, qu'il lui montre.

A l’aigreur du roi se mêlait à présent, la douceur du visage de sa reine et l’horreur des souvenirs qu’elle faisait remonter. Néanmoins, pensait-elle que ses paroles avaient une quelconque force ? Elles ne devaient pas ! Quel doute insinuait-elle en lui, que cherchait-elle à lui faire comprendre ? Qu’il avait tort de la protéger de tous ces êtres salissants, qui voulaient la ramener chez eux ? N’avait-elle pas conscience des dangers auxquelles elle s’exposait et de la protection inestimable qu’il lui offrait ? Elle devait l'accepter, s'en remettre entièrement à lui ! Oublier ses vices, ses déboires. pourquoi ne voyait-elle que cela... Pourquoi ne voulait-elle pas voir sa force à son service, chaque jour . Sa force l'enveloppant, la protégeant. La rassurant. Car Belshazzar était si faible, si frêle. Personne sur qui compter, à part lui. Elle devrait en être heureuse, joyeuse. Le remercier. Mais ne faisait que lui cracher dessus. Et c'était si dur de la punir, à chaque fois le cornu avait l'impression de se flageller lui-même ! Ah, pourquoi était-ce si difficile ? Quelle fantasque, ne voyant que le mal dans le bien. Ne voyant que la tristesse dans la joie.

La voila qui tourna les talons, qui s'en alla. Pourquoi le quittait-elle, le laissait seul ? Comme si Belshazzar lui avait jeté un sort, Loegrie lâcha l’ange. Il ne cherchait plus à la protéger, à présent. Elle ne lui servait plus à rien, maintenant. Parce que Belshazzar ne s’y intéressait plus, qu’elle ne suffisait plus à la retenir. Oui, dès qu’elle apparaissait, plus rien d’autre ne comptait pour le cornu. A moins que cela ne puisse les rapprocher. L’aider à prouver son amour assassin, dominateur et tortionnaire. le roi prit ses armes et alla sauver sa reine.

La vitesse de ses pas doubla quand une main se glissa sur le corps de sa dulcinée. Quand il vit ce visage masculin, cet étranger, cette menace, ce monstre, ce voleur, cet agresseur qui pénétrait son territoire et violait ses possessions. Ses sens prirent le pas sur sa conscience, sa passion hurla en lui d’arracher les entrailles de l’imprudent et de s’en faire un collier. De protéger sa reine de toute menace, de ne laisser personne la lui prendre. Plus jamais… Elle voulait une preuve d’amour, elle se sentait déboussolée ? Oh, qu’avait-il fait, il avait juste voulu jouer un peu. Elle le boudait ? C’était si puéril ! Qu’elle lâche cette poupée, qu’elle le regarde. QU’ELLE LE REGARDE, LUI ! PAS UN AUTRE !

Défiant les mains de l’inconnu Loegrie saisit sa semblable, un bras l’entourant, main reposant sur son sein. Au même moment, sa bouche s’abattit sur son cou, dans un baiser franc. Sa plus longue corne, menaçante comme un couteau, s’arrêta à quelques centimètres du cou de l’inopportun. Sa seconde main agrippa le tissu du yukata fleuri, comme celle d’un enfant qui a peur de perdre sa mère.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Dim 6 Mai - 4:34

Ivan. Charmant jeune homme, un peu plus grand qu'elle. Chevelure blonde, douce et courte. Des yeux d'un noisette pétillant, et un sourire des plus charmeurs. Ainsi qu'une allure générale très soignée. Le contraire totale de l'Oni qui la faisait enrager continuellement. Tout à fait avenant, absolument séduisant. Seulement, il y avait un hic. Un fait qui expliquait pourquoi il agissait ainsi. Pourquoi dans son regard il n'y avait pas le moindre désir, il n'y avait pas la moindre envie de la séduire. Il n'aimait pas les femmes. Les courbes masculines s'avéraient bien plus plaisantes à ses yeux. Voilà tout. Il était surement un des seuls qui jamais ne penserait poser un doigt sur elle, pour autre chose que tenter de la réconforter un peu. Lui, il était au courant de ses déboires amoureux. De ses amis qui s'éloignaient de plus en plus, qui la fuyaient totalement. Parce que lui leur faisait peur. Parce qu'il s'acharnait à pourrir sa vie. Il semblait désirer la voir seule. Peut-être pour mieux l'achever, ou juste l'abandonner une fois qu'elle serait au fond du trou. Elle le supposait suffisamment cruel pour ça. Incapable de soupçonner la vérité. Il était bien trop... Sauvage.


L'amour. Elle ne connaissait pas grand chose à l'amour. En plus de 400 ans de vie, jamais elle n'avait céder aux élans erratiques de ce sentiment chaotique. Jamais aucun des hommes qu'elle n'avait serrés contre ses courbes n'avait réussi à apprivoiser son coeur ou son esprit, jamais. Soit elle se l'était refusé inconsciemment, soit, tout bonnement, elle n'était jamais tombée sur celui qu'il lui fallait. Pour elle, dans une vie, on ne rencontrait qu'une seule personne qui soit vraiment celle dont on avait toujours eu besoin. Il ne pouvait y avoir qu'une seule personne qui soit notre âme-soeur, quand bien même elle ne croyait pas tellement à ce genre de choses. Seulement, quelque chose avait changé. Il y a neuf ans de cela. Même jour même endroit. Deux regards qui s'étaient croisés. Un soubresaut du coeur, quelque chose de fort et déstabilisant. Voilà comment tout avait commencé. Mais l'issu semblait tellement incertaine, semée d'embûches à l'allure insurmontable qu'elle avait parfois l'envie de lâcher l'affaire. Ne plus le voir, ne plus penser à lui. Jeter cette boucle d'oreille, oublier ses paumes chaudes déposées sur son dos. Son souffle contre ses lèvres. Et le repos qu'elle avait trouvé à dormir dans ses bras. Mais c'était il y a si longtemps.

Leur jeu était cruel et idiot à la fois. Et aucun des deux partis n'avait envie de lâcher le morceau ou de déclarer forfait. Pourtant, un jour, il faudrait bien que cela prenne fin. Mais quand, la réponse était bien incertaine. Et il allait falloir qu'elle survienne tôt ou tard. Avant que l'un des deux partis soit lassé. Chose qu'elle ne désirait pas, au fond. Non, elle ne voulait pas qu'il finisse par persécuter une autre femme. Masochiste peut-être, mais au moins, quand il se comportait mal avec elle, il prouvait qu'elle existait à ses yeux. Quoi que Bel aurait aimé que ce soit d'une autre façon.

Est-ce qu'il avait compris ce que cachait cette attitude ? Ce sourire si doux, si tendre. Auquel il n'avait jamais eu le droit auparavant. Auquel il n'aurait peut-être jamais le droit de façon sincère, ne méritant qu'hypocrisie et moqueries ? Loegrie avait-il comprit que sa reine ne comptait pas suivre ses règles à lui, dans ce jeu qu'ils avaient mis sur pieds. Qu'elle aussi savait mener la danse, imposer ses désirs. Jamais elle ne serait à ses pieds. Dans ses bras, sous ses draps. Dans son coeur également. Mais jamais à son service. Jamais.

Ainsi donc, elle s'était éloignée, tournant les talons. Sous la regards surement haineux des filles et du tyran phacochère. Au moins, avec Ivan, elle retrouvait un peu le sourire, elle se sentait apprécier à juste titre. Elle aussi était trop fière de se rendre compte de ce qui était vraiment. Et il en était de même pour lui, elle en mettrait sa main à couper. Alors, qu'allait-il faire ? Elle avait changé la donne. Pas de provocation à profusion. Pas d'insultes. Elle voulait lui montrer qu'elle valait mieux que ça. Améliorer leur jeu. Arrivé enfin à une conclusion ? Pas si tôt tout de même.

L'oni ne regardait pas en arrière. Juste quelques mots échangés avec son ami, surprise qu'il soit seul. Elle ne soupçonnait pas encore les pas derrière elle. La colère qu'elle avait pu attiser, avec effronterie. Certaine qu'il préfèrerait la compagnie sans saveur de cette fille. Elle entendait encore les seuls mots qu'il avait été capable de prononcer. « Je ne sais pas, bientôt j’espère » Se voilant la face, idiote qu'elle était, elle n'avait pas compris ce qu'il insinuait. Déçu qu'il ose envisager une telle chose à propos de cette fille sans le moindre intérêt. C'était vexant, à vrai dire. Et puis, elle vit le regard du blond auprès d'elle être dirigé vers l'arrière. Intriguée, elle tenta de se tourner, histoire de voir ce qui se tramait, mais n'en eut guère l'occasion. La forte silhouette se trouvait déjà contre elle, un bras passant autour de son épaule, pour finir sa course sur la rondeur de sa poitrine. Encore, ce n'était pas le pire. Elle n'eut le temps de protester qu'elle sentit la chaleur de ses lèvres sur son cou dénudé, ses crocs imposants contre sa chair. Un frisson la saisit, alors qu'elle gardait un air surpris. Non, elle ne s'attendait pas à une telle réaction, pressentant plutôt des insultes ou des coups. Mais pas ça.

Malgré elle, l'oni à la chevelure ivoirine ferma les yeux et se mordilla l'intérieur de la joue, échappant au regard blessé d'Ivan, innocent et visiblement en colère. Il ne tarda pas à s'éloigner, lâchant un commentaire peu flatteur mais ben vrai : « Espèce de malade ! Va falloir que tu te décides ce que tu veux ! » Et il était partit. Ainsi, elle se retrouvait à nouveau seule, peut-être pour tout la soirée, qui sait ? Oh. Que ce serait super de voir les feux d'artifices seule, dans un coin, entourée de couples, de gens qui s'amusent et qui sourient. Elle sentait la colère agiter son corps, alors qu'elle finissait par dire, dans un murmure perdu entre la haine et la faiblesse :

« Ne m'embrasse pas là... Arrête... » Faiblesse qui la faisait frissonner, son cou étant quelque peu sensible. Appuyant son dos contre son torse, elle tenta de lui faire comprendre qu'il devait reculer. Elle avait faillit flancher, ce contact lui rappelant la chaleur de sa peau nue contre la sienne, d'un plaisir qui n'avait plus été ressentit depuis longtemps. Son coeur de débattait furieusement dans sa poitrine, il rageait et hurlait son désespoir et son errance. Elle avait certes réussi à imposer un changement de règles du jeu, mais il venait de tout balayer, ou presque. Et voilà une chose dont il ne devait pas se rendre compte. Surtout pas. C'est pour cela qu'elle ne tarda pas à murmurer, haineuse et blessée, amère :

« Content ? Maintenant je vais devoir passer la soirée seule, une fois de plus... C'était juste mon ami... Juste ça. Il ne m'aurait jamais touchée... Il n'aurait jamais touché une femme de sa vie... Elles ne l'ont jamais intéressées... Phacochère idiot ! » Elle se vengeait de l'avoir traitée de serpent. Fermant les yeux, ignorant royalement ceux qui l'entouraient, Belshazzard tentait de calmer la colère qui montait. De garder son calme, comme toujours. Mais son pouvoir pouvait avoir quelques défaillances. Surtout dans une telle situation. Et elle ne tarda pas à reprendre, ne souhaitant pas laisser le silence la trahir :

« Mais ça tu ne peux pas le comprendre ! Tu t'inventes des ennemis alors qu'il n'y a rien ! Tu oses te moquer de ma solitude, alors que tu en es la source. Tu oses t'en moquer, car toi, tu as des amis. Toutes ces filles que tu fais rire, avec lesquelles tu es doux, gentil, agréable. Et qui s'allongent dans ton lit avec plaisir. Aucune fierté, aucun goût, aucun intérêt. » Sa voix était semblable à un grognement de colère sourd, quelque chose de contenu à grand mal. Rouvrant les yeux, se redressant, elle soupira, longuement. Pensive. Elle perdait ce semblant de contrôle qu'elle avait réussi obtenir. Elle s'était faite avoir et détestait cette sensation. Que faire ? Le chasser ? Le mettre face aux conséquences de ses actes ? Le supplier de rester là ? La dernière option, la plus gratifiante pourtant, n'était pas envisageable. Tant qu'à ses yeux elle serait juste sa chose, elle ne le ferait pas. Ses mots lui revenaient une fois de plus en tête, et elle sentit son cœur se serrer. Avant de faire son choix.

« Et maintenant ? Que vas-tu faire ? Retourner te vanter auprès de tes amies d'avoir gâché ma soirée, une fois de plus, et les écouter me calomnier avec entrain, ou assumer les conséquences de ton impulsivité ? Qu'est-ce que tu préfères ? Être adulé par elles et être certain d'au moins en avoir l'une d'elle dans ton lit ce soir, si ce n'est plusieurs, ou rester auprès de celle que tu compares à une créature que tu abhorres et que tu oses pourtant nommer ta reine ? » Elle parlait trop, et risquait réellement de se trahir. Mais elle était agacée de l'injustice de la situation.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Dim 6 Mai - 19:36

A peine l’eut-il vu entrer en scène que l’inconnu s’éloigna, sans manquer de décocher au fort oni une parole se voulant blessante. Mais Loegrie n’en avait rien à faire. Quand il était auprès de Belshazzar, plus rien ne comptait. Quand elle était entre ses bras, contre lui, ce qui pouvait exister autour disparaissait. Il avait fermé les yeux, pour profiter de ce moment sans être gêné par quoi que ce soit. Mais hélas, ses oreilles toujours percevaient le bruit de la fête, sa peau frémissait sous la caresse du vent et au parfum de sa reine se mêlait celui du Fanond Linaë. Sa rage intérieure sembla décroître, comme absorbée par ce contact forcé. Et il voulait la serrer un peu plus contre lui, quand d’une voix délicieuse elle lui demanda de ne pas l’embrasser là.
Non, c’est certain, c’était incommodant. Ils étaient amants, et les amants, s’ils se tiennent la main en public, gardent leurs baisers pour le privé. Car ce sont toujours des baisers passionnés. Des baisers qui ne se font pas dans le cou, une main sur un sein caché. Des baisers longs, partout, corps nus serrés, dans la pénombre des lieux secrets. Loegrie aussi ne voulait pas l’embrasser là, juste dans ce creux de ce cou, au milieu de tant de personnes. Il voulait ses lèvres sur les siennes. Sa carne contre la sienne. Ce n’était pas qu’un désir, c’était un besoin. Le cornu finit par se détacher, avec douceur et le rose aux joues, de la fleur sur laquelle il s’était penché et qui, à son approche, avait frissonné… il l’avait senti et s’en était réjoui.

Hélas, Belshazzar n’avait pas semblé apprécier autant que Loegrie le moment de douceur qu’il lui avait offert. Cette preuve d’amour ne lui suffisait-elle pas ? En voulait-elle encore une autre ? Si irascible, le brun avait parfois du mal à concevoir que son pouvoir lui permettait de réguler sa colère. Si vilaine, si menteuse… lui faire croire que cet homme, qui avait passé ses mains sur ses hanches, ne l’avait pas touché ? Loegrie avait bien vu le contact. Le croyait-elle, en plus de le traiter d’abruti, aveugle ? Qu’avait-il de si important, cet étranger, pour qu’ainsi elle le défende ! Ce ne pouvait pas être un ami. Pour qu’ainsi elle tente de le tromper, de lui faire croire qu’il n’était qu’une relation amicale. Les mains sur ses hanches… pourquoi viendrait-il toucher quelque chose qui ne l’intéresse pas ? Loegrie voulut prononcer son prénom. Son regard s’était fait meurtri, oscillant entre désarroi et colère. Comment pouvait-il lui faire confiance, si elle lui mentait ! Cela ne fonctionnait pas sur lui. Le visage de l’intrus était à présent gravé dans l’esprit du cornu. Ainsi, c’était l’amant contre lequel Belshazzar, sa reine bien-aimée, se réfugiait. La raison pour laquelle elle fuyait ses bras. Oui, tout s’expliquait. La jolie s’était sentie honteuse, dans cette situation. Aller courtiser son amour caché, et se faire surprendre par son roi, son véritable possesseur. Elle avait rougi de se faire prendre dans ce moment de trahison et rejetait la faute sur Loegrie. Mais ce dernier n’appréciait pas. Les mots raisonnèrent dans sa tête dérangée par la jalousie.

Phacochère idiot.
Loegrie sentit la tristesse et l’incompréhension l’envahir. Ses épaules s’abaissèrent. Pourquoi ? Pourquoi c’était lui qui devait être blessé, alors que c’était elle qui l’avait trompé ? Elle s’était glissée dans son dos et s’était mise en danger, se défiant de son angoisse et sa peur de la perdre. Ses oreilles, comme bouchées, entendaient difficilement les reproches de sa semblable. Dans sa tête tournoyait tant de remords, de souvenirs, d’envies, de sentiments contradictoires que sa tête bourdonnait comme un essaim d’abeilles. Il voulut lui répondre qu’il ne couchait pas avec toutes – seulement avec celles qui le voulaient bien, pour une nuit. Qui voulaient bien le réconforter, le consoler de l’absence de son aimée, qui préférait batifoler avec un autre que de se glisser, chez lui, sagement. D’écarter ses bras pour qu’il les referme sur elle. Oui, il sautait sur tout ce qui remuait ses fesses un peu trop près de lui. Ne laissait-elle pas quiconque glisser une main sur elle ? Et lui ne craignait rien. Il était fort. Loegrie se pensait capable de tout maîtriser. Deux choses encore lui échappaient, néanmoins. La mort et Belshazzar. Et il ne s’inventait rien. Partout existaient des ennemis, qui tentaient de la lui prendre… si belle, fragile. Si accueillante et souriante. Sauf avec lui. Que s’était-il passé ? Etait-il si détestable, si laid ?

Juste après qu’elle ait fini sa longue plainte, le brun vint saisir son délicat minois dans sa paume, qui glissa pour dégager quelques mèches. Il renifla sa tristesse, le cœur gros. Elle l’appelait, lui demandait de rester. Bien sûr qu’il allait rester. Toute cette foule lui hérissait le poil. A chaque instant, elle pouvait engloutir sa reine et pour toujours la faire disparaître. « C’est bon. » Sa voix se voulait calme, rassurante mais était éraillée par l’affliction. Phacochère idiot. « Je reste avec toi. » comme si elle l’avait supplié, comme si c’était avec regrets. Sa main caressa le tissu du vêtement de Belshazzar. « Je ne peux te laisser seule un moment, n’est-il pas. » Il déglutit, sa voix se fit plus basse. « Et j’aurais trop peur qu’il t’arrive une peine, ma reine. » Oui, l'immense continuait à l’appeler ainsi, malgré les tracas qu’elle lui causait. « Tout l’aprème je me suis tourmenté, ne sachant quoi faire. » Tout l’après-midi Loegrie s’était demandé s’il devait l’appeler ou lui laisser un peu de liberté, comme souvent elle le lui demandait. Et son ton baissait, encore. « Ma compagnie t’est désagréable, mon esprit le sait. Tu ne vois que le mal en moi. Mais mon cœur ne voulait rien y bitter et se tordait en martyr à l’idée qu’une infélicité t’effraie. » Il saisit d’un geste rapide ses cheveux pour y baisser dessus son regard, faisant mine d’y chercher des fourches. Mais cette chevelure était parfaite, plus encore que celle des nymphes, sirènes ou succubes. « Je ne suis qu’un tiers-an sans accointage, je le sais. » Ses paupières se baissèrent, faisant disparaître le noir de son regard. « Mais j’ai un cœur. » Sa mâchoire se contracta, sa tête se baissa un peu plus sur ses cheveux qu’il maltraitait. Un cœur dont elle se fourvoyait sur la nature de ses sentiments, sans relâche. Lui l’adorait. Peut-être que celui qui avait fui avait raison. Que Loegrie était malade, vu à quel point il souffrait, d’une façon qui rendait la situation détestable à quiconque. Mais le seul médicament qui était capable de le calmer, c’était Belshazzar. Or, Loegrie avait l’impression qu’elle lui reprochait d’être tant attaché à elle ou de ne serait-ce qu’éprouver des sentiments qui lui déplaisaient. Ah, il était perdu entre rage, folie et amour. Tant de sentiments passionnés que Belshazzar lui faisait éprouver.

« Ma reine, pourquoi reproches-tu à mon battant d’avoir des sentiments ? »
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Lun 7 Mai - 20:44

Alors que tout pourrait aller bien, que la guerre semblait en pause, il fallait toujours que l'un des deux prenne mal un détail, s'énerve pour une broutille, ou que leurs paroles soient mal interprétées. Ca arrivai constamment, à vrai dire, et ça, ajouté à leur jalousie maladive que l'un portait envers l'autre n'arrangeait pas leur affaire. Somme toute, ils étaient la seule raison de leurs disputes. Et tant qu'ils ne seraient pas capable de gérer et accepter les travers de l'autre, il y avait fort à parier qu'ils ne seraient pas capable de s'entendre totalement. Tout comme ils ne pourraient pas avouer leurs sentiments respectifs tant qu'elle ne serait pas moins susceptible et jalouse, autant que lui posséssif et égoiste. L'un et l'autre étaient loin d'être innocents. Mais le temps qu'ils en prennent conscience et changent ça, bien des choses risquaient de se passer. Il ne restait qu'à espérer que rien ne réussisse à les séparer et éloigner véritablement d'ici là.

Parce qu'au fond, sans Loegrie, l'oni se retrouverait bien seule. Parce que d'autres membres de sa race étaient très difficiles à trouver d'une part. Mais aussi parce qu'il était celui pour qui son coeur battait si fort, si fort. Celui pour qu'il elle se faisait du souci, parfois, celui qui attisait sa jalousie avec tant de facilité. Elle avait besoin de lui autant qu'elle ne le supportait pas. Alors autant dire que le voir au bras d'une femme la mettait hors d'elle. Il le savait pertinemment, et ne s'en empêchait pas le moins du monde. Quand bien même Bel était au courant du mal qu'il avait à résister aux courbes d'une femme, elle ne pouvait accepter ça. Ca n'était pour l'heure pas conciliable avec son envie de liberté, de vivre. D'avoir des amis. Amis qui pour la plupart la fuyaient comme la peste à l'heure actuelle. Rien n'allait vraiment comme elle le voulait. Alors que c'était là son désir à lui. Sans soupçonner ses désirs les plus profonds, elle avait l'impression qu'il cherchait à la mettre à l'écart. Lui faire ressentir la solitude, la douleur d'être détestée. Vengeance ?

En le traitant ainsi, la belle à la chevelure blanche le savait, elle l'avait blessé. Elle le savait très bien, il détestait être appelé ainsi, mais se faire traiter de serpent lui avait fortement déplu, comme s'il signifiait là qu'il la haïssait. Et son coeur de jeune femme amoureuse s'en était retrouvé blessé. Car oui, même si sa colère se retrouvait presque parfaitement contrôlée, les sentiments existaient toujours. Même si elle ne voulait pas l'admettre. Même si elle ne tenait pas à faiblir face à lui. Son coeur battait, se débattait. Criait ou soupirait son nom. Se mourait de ce trop plein de solitude. Mais voilà. Trop fière, elle n'acceptait pas qu'il soit au bras d'une autre, d'autant plus vexée qu'il n'avait même pas pensé à l'inviter. Et maintenant. Elle attendait sa réponse. La choisirait-il ?

Son regard était plongé dans le sien, encore et encore. Elle ne le quittait pas une seule seconde, le seul son qu'elle produisait était le mince sifflement de son souffle. Elle y lu quelque chose qui la troubla quelque peu, l'empêchant de venir voir la suite.

Sa joue se retrouva nichée dans la paume de l'oni, qui venait de repousser quelques mèches pâles. Il parla. Sa voix était étrange. Calme mais... La tristesse, visiblement, essayait de se faire remarquer. Il restait. Ces mots l'empirent d'une certaine satisfaction qu'elle ne sut exprimer autrement que part un sourire égoistement victorieux. Alors qu'intérieurement, elle était juste ravie qu'il reste. Stupide fierté. Tout à coup, le ton de sa voix s'abaissa un peu plus, tandis qu'il lui avouait craindre qu'il lui arrive malheur. Pourtant, elle savait se défendre. C'était une grande fille, loin d'être faible. Cependant, rien de plus agréable de savoir que quelqu'un se soucie de nous, et elle sentit une pointe de remords l'envahir. Cette dernière s'accentua à l'annonce de ses mots suivants. Il avait voulu qu'elle l'accompagne ? Réellement ? Ou n'était-ce qu'un mensonge ? Il lui suffisait de scruter son regard pour avoir la réponse. Il ne mentait pas. Pas maintenant...

Par contre, la suite la fit se sentir mal. Très mal. Même si elle ne le montrait pas, la lueur fière qui brillait dans son regard vacilla quelque peu, à mesure qu'il parlait. Finissant par ne plus pouvoir supporter la vue de son visage, apparement, préférant celle de sa chevelure douce. Alors, quand il eut terminé de parler, concluant qu'il avait un coeur, elle se sentit... Désemparée. Etait-ce vraiment ce qu'elle lui faisait ressentir ? Ce n'était pas ce qu'elle désirait. Jamais elle n'avait voulu lui faire penser cela. Jamais. De plus... Cétait lui qui se comportait comme s'il la haïssait. C'était... Vraiment chaotique, incompréhensible.

N'osant pas le toucher, ni faire quoi que ce soit, elle prit le partit de parler. Le ton de sa voix était tout à coup bien morne, tandis que son visage perdait sa colère, petit à petit. Malgré elle, elle cédait. Ca faisait mal de le voir ainsi, tellement mal. Elle ne pouvait pas le supporter.

« Loe... Tu as tout faux. Tu te trompes totalement. C'est toi qui ne comprends rien. C'est toi qui voit le mal partout. » Un soupir se fit entendre, tendit qu'elle relevait les yeux, cette injustice réveillant malgré elle une pointe d'indignation. « Ce n'est pas ta compagnie qui m'est désagréable. C'est ton attitude. Cette façon que tu as de plus regarder les autres femmes que moi. Cette envie de les toucher qui toujours te tiraille, même quand je suis avec toi. » C'était détestable. Et gênant, blessant. De voir l'homme qu'on aimait suivre la moindre paire de fesses passant près de soi, le moindre décoleté. Dans ces moment là, elle se sentait si insignifiante, si inintéressantes. Honteuse de son apparence, qui ne lui plaisait peut-être pas, pour qu'il soit ainsi attiré par les autres.

Elle se mordilla la lèvre, ses deux mains se posant sur les joues de son amant, pour qu'il la regarde, à présent. Elle le fixait droit dans les yeux, ses prunelles mauves exprimant à la fois détresse, douleur et tendresse : « Arrête de dire ça. Arrête de penser que je te repproche ça ! C'est toi qui te montre cruel avec moi ! C'est toi qui pense que... Je te mens, que je suis malhonnête. » Elle ravala un sanglot qui lui barrait la gorge, entravant ses mots. Elle avait l'impression de céder, de perdre pieds. Mais c'était insupportable pour elle qu'il pense cela. « Ne le nie pas, je l'ai vu dans ton regard... Je l'ai vu. Et je te le promets. Je ne t'ai pas menti. Il ne s'est jamais rien passé entre moi et cet homme. Jamais. » La sincérité faisait vibrer ses cordes vocales d'une façon bien déchirante, à vrai dire. Elle ne pleurait pas. Belshazzar ne pleurait jamais, sauf quand elle était seule. Mais là... Peut-être étaient-ce les souvenirs que ces lieux portaient, mais elle ne pouvait pas garder ce masque d'indifférence qu'elle avait revêtu auparavant. Pas ce soir.

Doucement, elle glissa sa petite main bronzée sur la poitrine de l'oni, au niveau de son coeur. Ses doigt se crispèrent sur le tissu, avant qu'elle ne prenne la sienne, et la dépose sur son coeur à elle, disant, baissant les yeux :

« Je sais que tu as un coeur. Je sais avec quelle force il bat. Et j'ai un coeur aussi. Il saigne de te voir avec elles. Il pleure quand tu me nommes serpent avec tant de dédain. Je souffre d'être si seule parce que tu ne me fais pas confiance et pense que je couche avec tous les hommes qui approchent. Alors que c'est faux... C'est tellement faux... » Un autre sanglot, elle chassa rageusement, fronçant le nez quelques instants. Elle ne savait pas où s'arrêter. Elle avait peur d'arriver au terme de leur jeu. Pas déjà. Elle n'était pas prête.

« Fais confiance à ta Reine... Tu sais qu'il n'y a que toi, mon Roi. Tu es le seul. » Un sourire tendre naquit sur ses douces lèvres. Sincère et doux. Amoureux. Rien que pour lui. Et elle se maudissait d'être aussi faible.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Ven 11 Mai - 23:09

Et encore, elle lui reprochait de voir le mal partout. Mais n’était-il pas partout ? A ramper sous les tapis, à grimper aux rideaux et se tapir derrière chaque porte… Les muscles du dos de l’oni se crispèrent. Comment pouvait-il avoir faux ? Il avait vécu suffisamment longtemps pour comprendre que derrière chaque objet, être ou idée se cachait une part de noire misère. Et elle continuait à le broyer en morceaux, en tout petits morceaux qu’encore après elle écrasait. Belshazzar refusait de comprendre que son attitude était la bonne et qu'elle se justifiait parfaitement par leur situation. En dehors de l'île, peut-être pouvait-elle être forte. Tous ces humains et leurs œillères, qu’ils étaient simples à briser. Mais ils étaient comme des rats. Prenez-en un pour lui arracher la tête, le temps que vous le faisiez il vous aura mordu et transmit la peste. Mais encore, cela n’était rien. Sur Hiromae, ils ne pouvaient plus se comporter comme un roi et une reine. Ils se perdaient dans la foule comme s’ils étaient banals, se fondaient dans la masse et devenaient des anonymes comme tous autres. Et pour cela, ils devaient se protéger. Bien que depuis qu’il avait perdu sa dernière épousée le cornu remettait en cause sa force, il se sentait encore assez compétent pour défendre sa nouvelle aimée. Celle-ci, il voulait arriver à la protéger. Rien qu’elle. Juste elle. Ah, que les dieux lui accordent cette faveur et ne la lui arrachent jamais ! Trop de fois cela s’était produit. Et rien ne l’empêcherait de protéger sa reine, pas même ses refus et reproches.

Quelle était cette étrange distinction qu’elle créait entre sa compagnie et son attitude ? N’était-ce pas une seule et même chose ? Pourquoi tentait-elle de couper en deux ce qu’il était, mettant d’un côté ce qui lui plaisait et de l’autre ce qu’elle n’aimait pas et aux deux donnait un nom différent ? Sa compagnie et son attitude. Voulait-elle le changer ? Loegrie se sentait repoussé. Belshazzar n’aimait pas son faciès qu’elle comparait sans cesse à celui d’un cochon sauvage et maintenant remettait en cause ses comportements, son caractère ? Mais qu’appréciait-elle en lui ! Oui, il a tout faux. Cela lui semblait évident à présent. Comment donner raison à un individu dont rien ne nous plaît ? Le brun aimait toutes les femmes. Il aimait les regarder passer, leur faire des compliments. Cela leur faisait plaisir, et à lui aussi. Parce qu’en donnant, il recevait. Des sourires, parfois plus. Oui, cela arrivait. Oui, il aimait les toucher. Pour recevoir leurs caresses, leurs baisers. Etait-ce anormal que de les trouver belles et de chercher leurs bras pour se réconfortait ? Loegrie ne reconnaissait plus Belshazzar. Il l’avait aimé furieusement, quand alors elle lui souriait et avec lui riait. Quand elle venait chercher ses mains, quand elle passait ses bras sur ses épaules, écrasant sa lourde poitrine sur son dos tendu, prêt à tout recevoir de ce qu’elle lui donnerait. Mais maintenant, sa reine ne faisait que pleurer, se lamenter. Lui refusait de croire qu’il était pour quelque chose dans cette débâcle.

Cela lui plaisait, oui. Cela lui plaisait de l’avoir à sa merci, si délicate. Mais à présent, elle était presque morte. Un instant, l’horrible vit ressurgir de son passé les souvenirs de sa mère adoptive, qui lors de la fin de son agonie, avait été si vile avec lui. Oui, voilà. Belshazzar ressemblait à un être qui, blessé, s’apprêtait à mourir. Mais qui ne veut pas se laisser emporter, sans combattre une dernière fois… combattre le maux qui la rongent. Lui. Non, ce ne pouvait pas être lui. Ce n’était pas lui. Lui était son système immunitaire, pas le virus !

Des mains vinrent saisir son visage, le forçant à relever ses yeux infernaux. Sa malade lui disait d’arrêter. D’arrêter de penser qu’il est la maladie qui la ronge ? De cesser de s’insulter ainsi ? Non, évidemment. C’était le contraire. Elle lui disait d’arrêter de croire qu’il était ses globules blancs. Qu’il était bien le cancer qui l’abattait. Et dans son regard se lisait son mal-être, mais aussi une pointe agréable, mais que Loegrie ne trouva pas suffisante pour son réconfort. Comment pouvait-il la croire, lui faire totalement confiance. Elle le rejetait et le cornu devait à elle s’accrocher, ne jamais la quitter du regard pour ne pas se retrouver éjecté de sa vie. Oh, s’il lui arrivait malheur, Loegrie ne le supporterait pas ! Pourquoi se maltraitait-il ainsi, à veiller sur cette vipère qui ne pensait qu’à elle ? Que voulait-elle faire de lui, que pensait-elle de lui ! Pourquoi ne l’acceptait-elle pas tout simplement ? Il déglutit, aussi triste que sa reine. Certainement plus, pensa-t-il. Mais les larmes ne coulaient pas – un sentiment étrange les bloquaient. Un mélange de dégoût, de mélancolie et de dévotion. Le masculin ne savait pas comment réagir. Son cœur ne savait quoi faire. Perdu, ahuri.

Belshazzar glissa sa main sur son torse et Loegrie le gonfla, pour saluer ce contact. Posant sa seconde main sur son propre sein, elle créa un pont entre les deux. Mais était-ce possible de le franchir ? Oui. Ce furent des paroles détestables qui se balancèrent dessus, allant se ficher comme des flèches empoisonnées dans son cœur déjà trop malmené. Et elle rajouta un sanglot, pour l’achever. Elle lui disait détester de le voir avec d’autres ; mais pourquoi alors, ne voulait-elle pas prendre leur place ? Si elle était avec lui, il saurait si elle disait la vérité et cesserait de se poser des questions. Mais c’était sa compagnie qu’elle appréciait, non pas son attitude. Son comportement extérieur, sa démarche, son visage, ses expressions… Sa façon de se tenir, d’être au naturel. Elle souffrait d’être seule parce que refusait de se laisser posséder par son véritable lui. Lui seul pouvait la posséder. C’était vrai. Tellement vrai.

Et elle osa lui dire qu’il était le seul. Le seul à quoi ? A être trompé par ses mesquineries ? Mais en même temps, ce sourire. Ces sentiments, qui tout à coups la prenaient à la gorge lui disaient le contraire de ce qu’il percevait dans les paroles de la douce. Un silence resta en suspension, longtemps. Loegrie cessa de regarder Belshazzar dans les yeux, mais ne fixait pas non plus les demoiselles qui passaient. Elles passaient juste, sous son regard vide. Ses épaules se levèrent un temps, pour s’affaisser lourdement. « Mais ce roi dont tu parles… » Son ton était toujours craintif et faible. Ses mains n’avaient pas lâché ses cheveux. « C’est vraiment moi ? » Elle l’avait décrit comme tyrannique et vicié. Lui ne se voyait pas ainsi. Juste protecteur. Un peu trop certes. Mais pas jusqu’à ce que cela sonne comme une tare. « Excuse-moi d’avoir encore des doutes sur tes paroles, encore. Je sais que ta vision du Loegrie parfait ne doute pas. » Son regard revint vers le sol. « Hélas, je ne suis pas parfait. » Il n’est pas le Loegrie qu’elle aimerait avoir. Elle se trompe et lui se blesse. « Mais tu dis que tu ne couches avec personne, à part avec ton roi. » Sa face se releva, pleine d’interrogations. Cela faisait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas perdus dans les bras de l’un et l’autre. Plus d’un mois, peut-être deux. C’était beaucoup pour Loegrie, qui savait se faire amant vorace avec celles qu’il aimait. A moins que… elle n’avait eu aucun partenaire depuis ? Véritablement ? Non, il devait bien y avoir quelqu’un d’autre. Ce n’était pas possible. Encore elle le trompait. Ses sourcils se froncèrent, une moue défaite apparut sur son visage. Qui était son roi ? Sa face se rabaissa. Loegrie n’osait plus rien dire, il n’osait pas réagir. Où était son air solide et sa confiance ? Il devait quand-même demander. Même si la réponse serait mensongère. « Tu as tenu si longtemps ? » une voix à peine audible, enroulée sur elle-même. Il sentit ses mains devenir moites.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Ven 11 Mai - 23:12

Elle avait presque craqué. Presque seulement, car elle avait peur. Peur qu'une fois la dispute définitivement effacée, il perde tout l'intérêt qu'il lui trouvait. Qu'il réalise qu'elle était fade, futile. Qu'il ne veuille plus d'elle. Oh oui, elle avait tellement peur d'être abandonnée. C'était idiot, mais dans l'état actuel des choses, elle préférait souffrir et se disputer avec lui plutôt que de risquer le perdre. Et c'était paradoxal, mais s'ils continuaient à se comporter ainsi, ils risquaient grandement de finir par se lasser et se perdre également. La jolie oni était donc tiraillée entre deux issues peut glorieuses, peu enviables. Et elle ne voulait pas. Parce que même si elle avait pleuré des torrents de larmes et lâchés des flots d'insultes à son encontre, il était le seul qui saurait la satisfaire, la rendre heureuse, la combler. La faire se sentir moins seule au monde, moins détestée. Si seulement il était capable d'accepter ses erreurs, ses torts. Elle avait du mal à le faire, mais était capable de prendre sur elle, et s'excuser, avouer. Mais si lui ne le faisait pas, ça ne servait tout bonnement à rien. A rien du tout.

Elle était perdue et à la fois trop fière pour admettre qu'elle allait possiblement flancher. Parce qu'il était hors de question qu'elle mettre fin à ça. Un ça qu'elle n'était pas capable de définir, tant leur relation était complexe et chaotique. Beaucoup ne comprenaient pas, tentaient de les faire arrêter, de se quitter. Parce que eux étaient incapable de comprendre l'amour qui persistait entre eux deux. Et même Bel, parfois, en doutait, à son grand regret. Son coeur battait et soupirait pour lui, c'était certain. Même lorsqu'elle essayait de dormir, le souvenir de ces nuits passées dans ses bras revenait, lui arrachant des larmes, encore. Plus amères que salées. Des larmes de regrets et de douleur. Oh, qu'elle souffrait en cet instant d'être incapable de lui avouer la vérité, d'être incapable de dire quelques mots qui lui exprimeraient tout son amour pour lui. La demoiselle se sentait idiote, mais aussi cruelle. Elle n'était pas dupe, le connaissait. Elle savait qu'elle le blessait, d'autant plus qu'il était incapable d'admettre ses torts. S'imaginant surement qu'elle lui mentait. Alors qu'elle n'avait jamais été aussi sincère dans ses mots, peut-être bien.

Comment lui dire ? Comment lui faire comprendre ça, son mal, cette douleur qui la rongeait de plus en plus ? La fête semblait gâchée par ce trop plein d'émotions sombres et tristes. Elle qui voulait passer une belle soirée. Elle qui voulait pouvoir s'amuser, se détendre un peu. C'était loupé, visiblement.

Le silence entre eux deux était lourd, très lourd. Il pesait sur les épaules de la belle, la faisait presque suffoquer, mais elle ne bougeait ni ne parlait. Ce n'était plus à elle de se faire entendre, de s'exprimer. Cependant, quand ils parlaient, ils ne faisaient que se blesser et se repousser, alors que tout deux ne demandaient qu'à être ensemble. Qu'à être heureux. Plus ça allait, et plus elle avait l'impression que c'était impossible. Qu'elle ne pourrait jamais être heureuse auprès de celui qu'elle aimait, si tous deux ne changeaient pas. Tous les deux.

Le contact silencieux de leurs regards blessés fut tout à coup rompu par Loegrie. Elle fronça légèrement les sourcils, plus par désarroi que par colère, attendant, le coeur tremblant. Elle vit le mouvement de ses épaules. Intriguée par ses mots. Avant d'en être affligée, une fois de plus. Il ne la croyait pas. Il ne lui accordait même pas cette maigre confiance qu'elle lui avait demandé. Même pas ça. Déçue et attristée, elle l'écouta encore, cependant. Muette. Les larmes se pressant aux portes de ses mirettes, sans pour autant être capables de les franchir.

Non ! Elle ne le désirerait pas parfait, elle se sentirait tellement inférieure auprès d'un homme parfait. Elle le voulait juste... Moins posséssif et étouffant. Juste ça. Il se fourvoyait, déformait ses mots et n'y comprenait que ce qu'il voulait bien entendre. Il en vint alors avec le fait de coucher avec lui, ou quelqu'un d'autre. Il remettait en doute sa fidélité. Il était gonflé, vraiment. Ce n'était pas elle qui ne pouvait supporter la vue d'un corps dénudé sans avoir besoin de le toucher. Elle pouvait vivre sans avoir un homme contre elle, dans ses draps. Elle le pouvait, par amour. Il confondait ce qu'il voulait croire et ce qui était réellement. Il mettait sur elle ses fautes. C'en était trop, trop pour ce soir. Alors, quand il se tut réellement, Belshazzar recula d'un pas. Le fossé entre eux se creusait un peu plus chaque jours, et pourtant, il ne leur suffirait que d'un pas pour le franchir.

Affligée de ce manque total de confiance, elle baissa la tête. Mais pleurer n'était pas au programme. D'un geste lourd de douleur et de peine, elle croisa les bras sous sa poitrine, un bracelet d'or tintant doucement, tandis qu'elle disait, d'une voix secouée de quelques sanglots légers :

« Qui d'autre que toi pourrait être ce roi ? Dis moi qui... Tu es le seul qui sache prendre soin de moi... » Un ricanement amer la quitta brièvement, alors qu'elle relevait quelques instants les yeux vers lui, renchérissant : « Sauf que tu ne me crois pas... Tu es comme ces gens qui voulaient me jeter au bûcher en me traitant de sorcière, quoi qu'ici je suis visiblement un serpent. Tu ne me laisses pas m'expliquer, et ne m'accordes aucune confiance. Rien... » Elle rabaissa les yeux, ravalant sa colère, la tristesse se faisant plus forte à présent. « Tu ne sembles même pas me croire quand je te dis que je souffre. Que ça me fait si mal de t'entendre dire ça. De te voir avec elles et pas moi. J'ai mal, j'ai si mal que j'aimerais parfois mourir pour que cela cesse. Sauf que mourir reviendrait à te perdre. Et c'est inconcevable. » Elle se tut. La gorge entravée d'un sanglot plus fort que les autres, et tandis qu'elle aviat la tête à nouveau baissée, les yeux dissimulés derrière une frange immaculée, une larme roula sur sa peau couleur de sable. Cela dit, même cette échappée imprévue ne l'empêcha pas, finalement, de reprendre :

« Sans son Roi, une Reine n'est bonne qu'à dépérir. Il m'a fallut des siècles pour te trouver, et maintenant que tu es devant moi... J'ai l'impression d'être la créature la plus haissable de ce monde. » Elle toussa légèrement, quelques larmes supplémentaires tombant sur sa main. Elle n'avait pas fini. « Je sais que je suis trop jalouse, pas assez compréhensive. Je prends mal bien des choses que tu me dis, alors que ce n'était pas ton but. Mais pourquoi n'admets-tu pas que plus que me protéger, tu m'étouffes et me tues à petit feu ? Pourquoi ? J'aime te savoir là pour le rassurer et prendre soin de moi, Loegrie. Bien des fois, lorsque j'étais malade, tu étais là. Tu étais le seul à bien vouloir t'occuper de moi. Je t'en remercie du fond du coeur. Mais ne vois-tu pas que j'aimerais pouvoir parler à d'autres gens sans que tu ne t'interposes dès le moindre geste ? » Lentement, elle releva les yeux. Ces grands yeux mauves noyés dans les larmes. Et dire qu'elle s'était promise de ne jamais pleurer devant lui. Jamais. Ce devait bien être la première fois. Elle avait honte, elle se sentait si faible, si idiote. Si inutile...

« Je ne te demande de cesser de veiller sur moi, surtout pas. Juste... D'être moins sévère, autant avec toi qu'avec moi. Si tu étais parfait, je ne voudrais pas de toi. Ce n'est pas parce que je te repproches ça que je te hais, que je te trouve détestable ou horrible. Non... Non. » Encore, elle esquivait la réponse à sa dernière question. Le flot de parole était difficile à contenir, et elle vidait la une partie de son sac. Une infime partie, mais elle n'en pouvait plus de tout retenir. « Tu es mon Roi parce que tu es toi. Fier, protecteur et séduisant. Aimant, l'amant dont toutes les femmes rêvent. Je ne mérite pas un Roi tel que toi, et pourtant... Tu es là. Je m'obstine à te blesser alors que surement... Tu fais ton possible pour me plaire... Pardon... Cependant, pour une fois, écoute moi. Ecoute ce que je te dis, et n'y prends pas que ce qui t'arrange... »

Ses mains tremblaient, alors qu'elle se rapprochait à nouveau de lui, ses deux mains se glissant à nouveau sur son visage, après qu'elle ait essuyé ses larmes. Un sursaut de fierté peut-être. Du bout des doigts, elle caressait ses traits, pour finalement dire, la voix plus calme, reprenant le dessus sur ses émotions. « Depuis la dernière fois que c'est arrivé, que nous avons couché ensemble, je n'ai pas vu d'autres hommes. J'aurais pu, mais j'ai refusé. Parce qu'une Reine ne peut avoir plusieurs Roi, c'est impossible. Et je préfère encore chérir le souvenir de cette nuit-là et ne plus en avoir d'autres que de permettre à un autre homme de me toucher. Tu comprends ? Je te le promets, tu es le seul. » Elle rougit à cette révélation, se mordillant la lèvre. Fermant les yeux, soupirant lourdement, elle se hissa sur la pointe des pieds, ses lèvres se déposant sur les siennes. Un bref baiser, un peu salé et humide, avant qu'elle ne recule. Rompant le contact, les bras le long du corps. Anxieuse.

Comment allait-il prendre tout cela ? Elle voulait une soirée tranquille. Avec lui.
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Piqûre de rappel

MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Mar 15 Mai - 13:03

Une fête...

Voilà de quoi attirer du monde et pas qu'un peu, sans compter le risque d'avoir des gens avec des tas de bobos en tous genres. C'est pourquoi notre cher infirmier se devait d'être là.
Après tout, il fallait bien une personne pour s'occuper de la casse et puis cela ne dérangeait nullement Kazuya.

Il se demandait bien quand même quels genres de personnes allaient venir. Finalement, fidèle à son habitude lors des fêtes, il restait en retrait car ce n'était pas trop son genre de se montrer devant du monde.

Malgré tout, il aimait les fêtes comme cela qui pouvait être un des moments où il voyait en général de la joie et du bonheur à travers les regards des gens. Il voyait là un moment où pouvait voir que toutes les gens de cette île pouvaient être ici simplement à pouvoir profiter de ce moment.
Fallait bien dire qu'il allait surement avoir du travail à soigner des gens à cause de l'alcool ou des petits accidents en tous genres.

Finalement, Kazuya se retrouva un peu à l'écart de la masse avec un verre d'alcool, il pouvait boire autant qu'il voulait.
Avec lui, vous pouvez boire autant vous ne serez jamais malade, juste l'envie d'aller aux toilettes. Son regard balayait tous les gens rassemblés à faire la fête.


*-Je dois avouer qu'une fête ne me faisait pas de mal, bon il va y avoir du travail.

Ce Simkin en faisait trop à mon gout, il n'avait pas besoin d'être aussi...
Hum...
Bah peu importe je n'ai pas le mot pour le décrire.
Donc, une chose qu'il aime? Ce type-là à l'air d'avoir beaucoup de choses...
Je crois savoir quelque chose qu'il aimera, bon après ce n'est pas sa chose favorite obligatoirement mais au moins, j'aurais tenté. Récompense ou pas, je m'en fiche.
*

Un bruit attira son attention, c'était un petit garçon qui venait de chuter et s'était blessé. Automatiquement, Kazuya alla à sa rencontre et se mit à sa hauteur.
Il avait les genoux et les coude écorché et du sang coulait le long des plaies. Kazuya prit sa main et commença à faire agir son pouvoir pour le soigner.
Très vite, le sang s'arrêta de couler, les coudes et les genoux retrouvèrent leur état normal. Le petit garçon était émerveillé de voir cela, Kazuya lui fit un sourire quand il vit une femme courir vers l'enfant.
Sans doute sa mère qui le cherchait, elle le remercia et partit avec ce petit garçon dans ses bras. Voilà pour la première intervention de la soirée, et il allait en avoir d'autres.


*-Bon, au moins ce n'était pas très grave. Il ne devrait pas avoir des choses trop importantes pour moi.
Va falloir que je tienne le coup jusqu'à la fin de la soirée comme ça. Je pense que je vais en profiter pour me détendre aussi, même s'il y a peu de chances que ça arrive.
*

Il continua de boire un peu histoire de se changer les idées, fallait-il aller voir cet homme pour participer? Non, pas tout de suite, il voulait laisser la masse de gens lui proposer tout ce qui pouvait leur passer par la tête.
Il sait quoi proposer mais il attendra un peu avant, chaque chose en son temps, pas besoin d'être pressé. La soirée ne faisait que commencer et Kazuya n'était surement pas prêt d'en voir le bout comme ça d'un claquement de doigt.


*-Je me demande quel genre de choses vont arriver lors de cette fête...
Surement des animations en tous genres, reste plus qu'à attendre pour voir.
Je dois quand même avouer que mon travail me permet pas d'avoir tellement de temps libre que ça. Heureusement que je suis pas seul à aider les gens.
*

Puis il vida d'un coup sec son verre en regardant le ciel, le soleil n'était plus là. La nuit était un moment où des choses peuvent se passer alors qu'en journée non. Une sorte d'alchimie touche les gens la nuit, comme si la nuit était un prétexte pour se lâcher et encore plus lors d'une fête avec autant de monde.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Dim 3 Juin - 14:52

Elle fuyait. Un pas. Un pas qui semblait l’éloigner de plusieurs kilomètres. Loegrie se retint de faire aller son corps vers l’avant. Il ne devait pas. C’était à elle de revenir. Pourquoi donc ? Etait-ce parce qu’il était trop fier pour la rejoindre là où elle était partie se cacher, ou parce qu’il la respectait ? Il ne voulait pas forcer sa défense. Ce mur invisible qu’elle avait construit, d’un pas vers l’arrière. Cette façon de lui témoigner son besoin de protection. Mais d’une protection autre que la sienne. La demoiselle aux cheveux clairs se pensait-elle plus en sécurité loin de l’ogre ? Lui avait-il fait peur ? L’avait-il vexée pour qu’ainsi elle aille se réfugier loin de lui ? Ces centimètres qui séparaient leurs deux chairs étaient en trop. Le brun avait besoin de sentir le corps de sa semblable contre le sien. Plus qu’aucun autre. Combler ce vide qu’il ressentait, en l’absorbant. En s’humidifiant de sa sueur, en se régalant de ses lèvres. En goûtant son odeur et sa chaleur, en oubliant les limites respectives de leurs enveloppes charnelles. Ah ! D’où venait cet étrange sentiment ? Pourquoi surgissait-il de temps à autres, indéfinissable ? Qu’est-ce qui faisait qu’il la voulait, la désirait, la chérissait-il plus que les autres ? Qu’avait-elle de plus ? Quelque chose de transcendant, sur lequel le brun n’arrivait à mettre des mots. Et parce qu’il n’arrivait pas à nommer cette chose aussi bénite que maudite, Loegrie ne savait dire si c’était de l’amour, de la passion, du désir, de la haine ou du sadisme. C’était autre. C’était mieux. C’était effrayant. L’ogre se sentait comme lorsqu’il contemplait le ciel riche d’étoiles et qu’un sentiment d’anxiété émerveillée le prenait. Il ne saurait jamais les secrets de l’univers et à tout jamais resterait cette minuscule fourmi sur son caillou maudit.

A cette pensée, une lourde cape de frustration voulut abaisser ses épaules. Et dessus, Belshazzar saupoudra ses mots vilains. Des reproches, encore. Toujours. Sans fin. L’oni brun ne supportait pas cela. Oui, il aimait la critiquer. Mais n’aimait pas qu’elle le fasse en retour. Surtout quand il remettait en doute ses facultés à la comprendre. Ne l’avait-elle toujours pas saisi ? Cette manière de tourner ses propres défaillances en tares appartenant à celle qui les relevait. Ce n’était pas Loegrie qui allait de bras en bras, qui se perdait dans les alcools et ne se relevait que pour se battre. C’était Belshazzar. Un étrange transfert qu’on ne pouvait que difficilement comprendre. Comme si c’était celui qui voyait qui était fautif, et non pas celui qui faisait. Parce que si personne ne voyait les tares de Loegrie, ce serait comme s’il n’en avait pas, non ? Un meurtrier reste innocent tant que personne n’a vu ses crimes. L’ogre était bien mécontent qu’elle le prenne, à chaque fois, la main dans le sac. Ne pouvait-elle ignorer ses vices ? Ne pouvait-elle pas comprendre… ah. Comprendre quoi ! Qu’elle devait être aussi aveugle que l’amour lui-même ?

Belshazzar était, entre toutes les personnes qu’il connaissait, celle par laquelle il voulait être le plus compris et celle qu’il voulait le plus comprendre. Avec elle, Loegrie ne pouvait se cacher derrière des phrases comme « il est impossible de tout savoir d’autrui » ou « en chacun de nous existe des secrets que nous ignorons nous-même ». L’immense ne le voulait pas. Sa perversion ne s’arrêtait pas à vouloir la posséder, la comprendre. Cela se poursuivait plus loin. Il voulait tout savoir d’elle, tout en conservant ses propres mystères. Il voulait pouvoir prétendre être le seul, l’unique. Celui qui, plus que la soigner comme un médecin, plus que l’écouter comme un ami, plus que l’aimer comme un passionné, saurait en moins d’une seconde la disséquer entièrement. Etre l’arrogant se vantant de pouvoir lire en elle comme dans un livre ouvert. De pouvoir, d’un regard, saisir son âme. Et c’est parce qu’il voulait posséder la clef de son esprit en plus de celle de son corps, que Loegrie ne supportait pas qu’elle lui dise qu’il ne la saisissait pas. C’était une peine encore plus intense que quand elle s’attaquait à sa fierté, faisant ressortir chacun de ses défauts physiques ou moraux.

Il était son roi. Celui capable de la gouverner. Par la crainte et par l’amour. Mais il manquait encore une troisième chose, extrêmement importante. Un ingrédient à l’amour. Oui, la compréhension. Toujours. Encore. Merde !

L’ogre n’arrivait pas à accepter ce fait. Que leur union n’était pas encore parfaite et qu’il existait encore un long chemin à faire. Quelle déception que de voir sa propre union comme… un échec ! Ils semblaient bien creux, ainsi. Se mordant le bout du nez pour des détails insignifiants, qui faisaient soupirer les gens. Peut-être que finalement, s’il ne voulait pas la voir parler avec d’autres hères, c’est qu’il avait peur qu’elle se rende compte à quel point la communication entre eux était boiteuse. Le phacochère voulait éviter que sa belle ne compare leurs échanges avec ceux qu’elle pouvait faire avec un autre. Qu’elle trouve quelqu’un avec qui elle aurait la possibilité d’échanger plus que des insultes et des grognements. Ce n’était pas qu’une histoire de fesses. Mais de peur, de frissons, remords, malaises, incompréhensions, doutes, mensonges, apparences et méconnaissance de l’un et l’autre. Loegrie avait peur qu’elle se dise, comme il le fit à cet exact moment, qu’ils n’étaient pas faits l’un pour l’autre. Que leur amour était le fruit d’une quelconque illusion, d’une sublimation de leur rejet l’un pour l’autre. Incapable de penser qu’ils se haïssaient, en fait.

L’oni sentit son rythme cardiaque accélérer, ses paumes devenir moites. Il avait chaud. Et le torrent continuait de se déverser sur lui. C’était douloureux. Le brun avait l’impression d’être frappé au visage à chaque reproche qu’on lui faisait, tout en étant consolé par les viles flatteries qui ponctuaient les phrases de Belshazzar. Mais il aurait préféré un franc regard. Un regard où dedans il aurait lu la détermination et la foi en sa personne. Loegrie ne voulait pas qu’elle lui crache ses quatre vérités au visage. Il voulait avoir l’impression qu’ils étaient comme deux pièces d’un puzzle, qui s’emboitent parfaitement. Et non pas comme deux morceaux qu’on tente d’accrocher ensemble, par la force. Une venant du ciel, une autre de la patte d’un lion. L’ogre voulait garder cette illusion qu’il faisait ce qui était le mieux pour Belshazzar, parce que personne d’autre que lui ne pouvait mieux la comprendre. Pouvait mieux la sécuriser et l’adorer. Cette allusion d’être amoureux. Oui, comme elle disait. Loegrie était le seul. Ces simples paroles lui redonnèrent du courage. Sans qu’il se rende compte qu’il faisait ce qu’elle lui avait demandé d’arrêter de faire – ne prendre que ce qui lui plaisait dans ses courageuses paroles.

Mais il ne voulait vraiment pas voir leurs différences. Leurs incompréhensions. Il voulait que leur union soit parfaite. Oui, il croyait en une union. Il croyait qu’ils étaient unis. Là, par ce toucher. Il la laissa poser ses doux doigts sur son visage tiré. Et non pas juste deux atomes, se rentrant de temps en temps, poussés par le hasard, dedans. Il ferma les yeux une longue seconde, alors qu’elle s’approchait encore plus de lui. Encore plus. Ils étaient bien, ainsi.
Un baiser et la voilà repartie. Juste un. S’éloignant de lui, à nouveau. Pourquoi s’en allait-elle encore ! Quel était ce jeu auquel elle s’adonnait. N’étaient-ils pas un roi et sa reine, à tous jamais liés ? Qu’elle cesse de se comporter comme un électron libre ! Au loin, les cris d’un enfant qui pleurait se stoppèrent. Un individu était venu le consoler.

Loegrie aussi, aurait aimé que quelqu’un vienne le consoler. Vienne soigner son cœur qu’on venait de meurtrir, encore une fois. On. Et non pas Belshazzar. C’était quelqu’un d’autre qui lui avait asséné ces coups de poignard, n’est-ce pas ? Belshazzar ne pouvait pas lui faire ressentir une telle douleur. Parce qu’ensemble, ils étaient un être parfait. Un être parfait qui ne sait pas ce qu’est la joie, mais aussi qui ignore la peine. Ignorant le goût des larmes, qu’il avait sur ses lèvres. Il faisait son possible pour lui plaire, oui. Mais tout ce qu’il arrivait à faire, en se démenant pourtant comme un beau diable, c’était la faire pleurer.

« Je… » Il déglutit. Qu’est-ce qu’il avait chaud. C’était intenable. Une expression de tristesse marqua son visage alors qu’une espèce de sourire peiné déformait ses lèvres, gênées par ses crocs.

« Je te fais peur ? »

Elle fuyait. Elle s’excusait. Elle cherchait à le blesser pour l’éloigner, tout en tentant de créer cette impression de douceur, pour éviter d’encore plus le froisser. Lui dire qu’il était le seul mais tenter d’imposer entre eux une impensable distance. Embrasser sa bouche, furtivement, et y laisser un goût amer. « C’est ça ? »
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Lun 11 Juin - 19:41

Elle avait parlé, parlé. Tant parlé, à vrai dire. De ses mots reflétant pourtant ce qu'elle ressentait de la façon la plus sincère qui soit, elle avait du le blesser. Elle ne le connaissait que trop bien, du peu qu'elle le connaissait, du moins, et savait qu'il avait du mal prendre l'une ou l'autre de ses paroles. Si ce n'est le tout. A moins qu'une fois de plus, il n'ait entendu que ce qu'il voulait bien entendre, laissant tout le reste de côté. Ce fait ne l'étonnerait qu'à peine, malgré le fait qu'elle lui ait demandé de ne pas le faire, pour une fois. C'en était presque désespérant, parfois. Et très agaçant. Elle le savait très bien, elle devait aussi faire des efforts de son côté, quitte à se remettre quelque peu en question. Mais lui alors ? Ne pouvait-il pas admettre qu'il n'avait pas toujours raison, et que parfois, écouter la jeune femme pouvait lui être bénéfique ?

Belshazzar voulait bien admettre qu'elle avait des torts. Seulement si lui aussi le faisait. Elle ne voulait pas être la seule, question d'honnêteté. Ainsi, elle le suppliait d'en faire de même, car pour tout dire, au fond, tout au fond de son coeur, elle avait une certitude. C'était lui. Celui qu'elle aimait. Comment une femme qui jamais n'était tombée amoureuse réellement pouvait avoir cette certitude ? Justement parce qu'elle ne s'était jamais sentie ainsi. Bien sûr, elle craignait que cet amour, mis à mal jours après jours par leurs caractères si forts et si peu enclins à une trêve, ne finisse par se transformer en haine ou en indifférence. De plus, qu'en était-il de lui ? Si elle réfléchissait quelque peu, il lui arrivait de se dire que cette attitude si excessive était peut-être une manifestation de ses sentiments pour elle. Peut-être que lui aussi craignait-il de la voir s'éloigner de lui définitivement ? Mais ne voyait-il pas que d'une façon ou d'une autre, elle revenait toujours vers lui, que ce soit de façon désirée ou accidentelle. Peut-être que lui aussi était-il aveuglé par sa fierté et ses idées emplies de jalousie. Ils étaient bien pathétiques, tous les deux. Et tandis qu'elle fixait le sol, la peine ravageant son visage qui n'avait plus rien de charmant, elle se mit à réfléchir.

Peut-être devait-elle arrêter d'essayer de lui faire comprendre, de le changer avec des mots. Mais avec des gestes. Comment ? Elle n'en avait aucune idée, pour tout dire. Mais si elle ne tentait rien, elle n'aurait rien, c'était certain. Seulement, qu'arrivait-il si elle faisait ces efforts, et que lui se satisfaisait de ça ? Ou qu'il la jetait ? Si cela arrivait, elle... La belle s'en sentirait profondément meurtrie et blessée. Pourtant, une fois de plus. Elle allait devoir apprendre à mettre un minimum sa fierté de côté, et faire le premier pas. Lui montrer qu'elle ne le haïssait pas comme il semblait en être persuadé. C'était tout le contraire. A moins qu'elle ne se fourvoie totalement sur ses propres sentiments. Ce qui serait bien malheureux.

Soudainement, elle l'entendit parler. Surprise, elle releva les yeux vers lui, le dévisageant longuement, sans rien dire. Elle attendait plutôt qu'il termine de parler. Tandis qu'elle avait fait un choix. Un choix qu'elle espérait être le bon. Cela dit, quand il se décida enfin à lui faire par de sa pensée, le visage de la belle Oni se décomposa. Il croyait réellement que c'était cela ? Qu'elle avait peur de lui ? Non ! Il comprenait tout de travers. Vraiment tout ! Les sourcils froncés, elle se rapprocha, visiblement en colère, pour le coup, autant envers lui qu'envers elle, et prit son visage entre ses deux mains, fermement :

« C'est ça ?! C'est vraiment ce que tu as compris dans mes paroles, Loegrie ? C'est vraiment ça que j'ai dit, que je te craignais ? Ce... Ce n'était pas ça ! Je ne l'ai jamais pensé ! Tu fais fausse route. Complètement fausse route... » Un soupir quitta la belle, qui se mordilla nerveusement la lèvre, ses longs crocs y laissant quelques marques légères. Ses mains étaient toujours sur son visage, quelque peu tremblantes. Elle devait se reprendre. Lui montrer sa détermination. Et ainsi faire s'envoler la peur de le perdre. Ainsi, après une longue inspiration pour se donner du courage, elle reprit :

« La seule chose dont j'ai peur, c'est que tu ne veuilles plus de moi, j'ai peur que tu te lasses, que tu m'abandonnes. De plus, si j'avais réellement peur de toi, crois-tu que je ferais cela ? » Se taisant, elle déposa ses lèvres sur les siennes, lui offrant un baiser et passionné, mais aussi tendre. Puis, une fois le baiser rompu, l'Oni soupira, osant lui avouer, ses joues teintant de rouge : « J'ai peur de mes sentiments, moi qui jamais ne suis tombée amoureuse, jusqu'à notre rencontre. » Si ça n'était pas une confession en bonne et due forme. Enfin, presque.

Son regard toujours planté dans le sien, longuement, elle soupira doucement, pour ensuite finalement ponctuer tout cela d'une question, très simple : « Et toi, mon Roi. De quoi as-tu peur ? Et surtout. Ressens-tu la même chose que moi ? »
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Lun 11 Juin - 21:48

Qui, que, quoi ? Où-suis-je, dans quelle étagère ? Loegrie venait de passer à la lourdeur des sentiments désolés à ceux qui semblent vous transpercer le cœur comme des flèches à la pointe couverte de miel. C’était quelque chose de poisseux, dont on ne pouvait facilement se défaire. Quelque chose de sucré et d’agréable, qui attire les envieux comme des fourmis noires. C’était l’amour. L’amour partagé. Belshazzar venait de rattraper le bœuf qu’il était, qui faisait comme elle l’avait remarqué fausse route, le remettant sur sa piste à coups de fouets sucrés. Le regard torve et la bouche entrouverte, le brun ne pouvait que contempler sa dulcinée, ses lèvres encore humide de son baiser. En à peine dix minutes, ils s’étaient disputés, elle avait pleuré, il s’était senti honni, et à présent elle lui criait son amour… et lui, que devait-il faire ? Son cerveau savait : se mettre à genoux et, une main sur le cœur, lui déclamer un poème long de trois strophes, dégoulinant de romantisme en alexandrins pour la rassurer que jamais il ne l’abandonnerait (plutôt l’étouffer de sa présence !), jamais il ne se lasserait (voyons, elle était chaque jour plus belle que jour le d'avant, se réinventant à ses yeux comme les cieux jamais ne se ressemblent d’une heure à une autre !), et que s’il l’abandonnait, ce serait juste le temps d’aller faire les courses, se brosser les dents ou autres occupations triviales. Mais que toujours, toujours elle serait dans son esprit… comme elle y était déjà, et cela depuis de longues années. Puis il finirait ses paroles lyriques par le fait qu’il est normal de craindre l’amour, ce sentiment si puissant capable de donner la vie comme la mort. Que lui aussi craignait ce sentiment comme l’apeurait l’épée de Kâlî ! Et pour clore, une dernière phrase, grave et banale, franchirait alors ses lèvres : je t’aime avec la violence d’un varan qui dévore une chèvre, ô mon aimée !

Mais hélas, sa voix semblait l’avoir quitté. Pourtant, il lui fallait dire quelque chose. Ou, agir ! Il ne voulait pas la laisser dans le doute. Loegrie toutefois n’arrivait pas même à quitter l’air triste et grave empreint sur sa face, bien que ressentant une joie qui lui tordait les boyaux comme si quelqu’un y avait plongé ses deux mains et ses deux pieds, et sa tête et ses genoux. Ses mains, tremblantes, vinrent se poser dans le cou de sa reine, pour y remonter jusqu’à la forme de sa mâchoire et l’envelopper. Sa tête se pencha sur le côté, comme s’il l’observait pour la première fois. Une lueur timide éclairait ses yeux de braise, sa respiration se fit plus lente, mais plus profonde. Avait-il bien entendu ? Cela avait été si soudain… si inattendu. Là, en plein milieu de cette place bondée. Mais ce lieu semblait à Loegrie, tout à coup, incroyablement intime. Bien qu’ils se fussent donnés en spectacle, personne ne semblait faire attention à eux. Pourtant roi et sa reine… leur ignorance à tous était leur sanctuaire à eux deux, où tranquillement ils pouvaient se regarder et s’embrasser. S’embrasser, oui. Evidemment ! L’immense ogre approcha son visage de la demoiselle à la chevelure claire, mais on sentait dans ses gestes et sa façon de l’avancer, saccadée, toute la difficulté que cela représentait pour lui. Son corps lui semblait si lourd… si importun. Une de ses cornes cogna contre une de sa semblable, mettant un arrêt à sa progression. Alors ses pouces vinrent lisser la bouche de Belshazzar, à la place de ses lèvres, devenues étrangement sèches sous le coup de l’émotion. Il ne pouvait l’embrasser ainsi… Loegrie ne pouvait ni parler, ni l’embrasser. Juste la regarder et la caresser. Cela suffirait-il à se faire comprendre ? Entre eux semblait exister cet étrange mur d’incompréhension, comme si l’un était sourd et l’autre muet. Et pourtant ! Leurs âmes semblaient, elles, parfaitement s’accorder, au contraire de ce que laissaient paraître leurs corps. Cela avait été si soudain… et pourquoi cela avait tant d’effets sur ce qu’il était ? Ce n’était pas la première fois que quelqu’un confessait son amour à l’oni masculin. Etait-ce le fait que cela venait de Belshazzar ? Il avait pourtant tant rêvé de cet instant que cela aurait dû le laisser imperturbable. Il se devait d’être fort ! De rester fier et inébranlable ! Pourquoi n’y arrivait-il pas… parce qu’une femme lui avouait ses sentiments ? Parce que sa reine enfin le rassurait sur ce qu’elle ressentait ? A moins que cela ne lui ait échappé, qu’elle souhaitait juste le réconforter, se sortir d’un mauvais pas ? Peut-être que Loegrie lui faisait véritablement peur et que la demoiselle souhaitait juste éviter sa frustration. Avait-elle remarqué son manège, avait-elle perçu qu’il l’empoisonnait ? Qu’il la tyrannisait juste pour qu’elle ne puisse être réconfortée que par lui ? Non ! Loegrie voulait croire à la vérité de ses sentiments. Cela lui donnait chaud, cela lui donnait envie de crier, de bouger, de s’ébrouer, de mordre Kelly et de donner des claques à Alistair, de se bourrer la gueule, de se marier et d’avoir des enf… non, quand-même pas. Mais tout ce que Loegrie pouvait faire, c’était se tenir là, penché vers elle, à lui enserrer le visage de ses longs doigts, la regardant comme s’il était un magicarpe hors de l'eau. Parfois, il ouvrait la bouche, puis la refermait. Et. Enfin le brun réussit à prononcer quelques syllabes.

« Belshazzar. »

« Belshazzar…
Belshazzaaaar… »

Un oni n’a déjà pas beaucoup de cerveau. S’il s’appelle Loegrie, encore moins. Mais là, lobotomisé par d’étranges démons qui s’en prenaient à son esprit, une sauterelle grillée semblerait en comparaison avoir plus d’intelligence. Son timbre avait été blanc, sans sentiments. Légèrement menaçant.

Nous sommes désolés, les méninges de Loegrie semblent présenter en ce moment quelques dysfonctionnements dus à un problème technique. Il semblerait que la panne soit causée par une Belshazzar sauvage qui se serait jeté avec tout son amour sur les rails.
Avec toutes nos excuses, la SNCF.
Le train L'oni finit par se redresser, pour contempler le ciel noir. Les étoiles l’aveuglaient, sa tête lui tournait. Ses mains quittèrent les joues de sa jolie amie, pour rejoindre sa propre nuque. L’ogre se trouvait quelque peu tendu. Soufflant, inspirant profondément pour faire circuler ses énergies qui semblaient s’être bloquées, Loegrie se sentait revenir à son état normal. Il devait juste éviter de laisser son regard encore se balader sur la silhouette de sa reine, où encore il perdrait le contrôle. C’était inévitable. Il renifla.

« J’ai peur de finir comme l’univers. Instable, déformé, froid et vide. Insensible. »
« J’ai peur de finir comme les étoiles. Une parmi d’autres, mais éloignée de toutes les autres. »

« J’ai peur d’être comme la lune. N’être qu’un caillou mort, vainement rattaché à une planète que jamais je ne toucherai. Une jolie planète, grouillante de vie. Avec de jolies couleurs. Pleine de mystères, de secrets. Avec ses volcans, ses colères. Ses torrents, ses larmes. »

« J’ai peur de ne pas être le soleil qui chaque matin la réveille. Qui chaque jour la réchauffe. Qui chaque nuit s’endort à ses côtés. »
« J’ai aussi peur d’être ce soleil. D’à force de vouloir sécher ses larmes, assécher ses terres. D’à force de la bercer de mes rayons, fêler son joli visage. »

« Son visage aux contours si fins, aux yeux vifs à la couleur de l’améthyste. Et sa crinière vaporeuse, ce brouillard léger et confortable. Cette terre au corps maternel, de monts et vallées, que je n’ai point fini d’explorer. »
« Cette terre, c’est. C’est… »


Il ne réussit pas à finir sa phrase, trop fier pour aller au bout de sa déclaration. Ne savait-elle pas déjà qu’il l’aimait ? Juste un regard en biais vers son aimée. Sa dulcinée. Sa reine, sa terre. Un sourire timide, qui s’évanouit pour de nouveau cet air hagard et grave. Son regard croisa celui de Belshazzar et un sursaut eut son cœur par surprise.

« Simkin. »

Sa voix était grave, mais une impression de faiblesse en émanait. Son cou se tourna, pour chercher l'être dont il était maintenant question.

« Je veux chopper Simkin et lui faire cracher ce qu’il veut. »

Puis il fit quelques pas vers où se trouvait l’homme demandé. Mais ne manqua pas de tendre une main, paume vers le haut, à la demoiselle qui à présent serait sa compagne pour toute la soirée. Et plus. Alors qu’une gêne rougissait ses joues, Loegrie rajouta d’un ton bourru une dernière phrase. Parce qu’il devait cesser de fuir, comme il venait de le faire en se servant de Simkin comme prétexte. Ce n’était pas juste. Il ne pouvait pas. Il avait des couilles, non ? Alors devait le montrer. Parce que oui, témoigner son amour, ça demandait d’avoir un sacré cran. Grattant son nez, visage vers le sol, il grogna puis bafouilla.

« Et… heu. Tes affects sont réciproques, hein.
Il n'y a qu’avec toi qui je suis suant. »


Parce qu’il n’y avait que son attention à elle que l’ogre recherchait. C’est pour cela qu’il faisait son intéressant en sa présence. Tapais du pied, parlait fort. Voulait paraître désirable, envié.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Mar 19 Juin - 15:57

Alors, ainsi était là situation. La peur de le voir s'éloigner de trop de le perdre définitivement avait chassé la crainte qu'elle nourrissait envers ses propres sentiments, et qui au final, était plus que futile. Parce qu'elle avait bien mieux, juste en face d'elle. Celui qui saurait la consoler, la chérir, ou juste la faire rire. Celui qu'elle avait parfois haït, pour qui elle avait assurément trop pleuré. Lui qu'elle avait tant de fois maudit, qui avait attisé colère et jalousie. Et que pourtant, sans le moindre doute, elle élevait au rang de roi, à ses côtés, pour bien plus que le temps de quelques caresses et baisers volés. Ils étaient promis à bien plus et mieux que ça, c'était certain. De plus, cela faisait maintenant tant d'années qu'ils se couraient après, sans jamais être capable d'exposer clairement leurs sentiments. Sans faire autre chose que créer une disputes pour quelques mots mal placés. Bel s'en rendait bien compte, elle était autant fautive que lui dans cette histoire, il ne fallait pas se voiler la face. Trop jalouses et prompte aux paroles agressives, trop portées à se faire des idées fausses, à se sentir menacées vis-à-vis de sa place dans son coeur.

Ainsi, elle se devait de faire des efforts, du mieux possible. Et faire en sorte que lui en fasse également. Il avait autant mauvais caractère qu'elle, mais la belle Oni lui faisait confiance. Elle était convaincue qu'il ferait montre de bonne volonté si elle le faisait aussi. Parfois, il fallait savoir se sacrifier et faire le premier pas pour obtenir ce que l'on désir. en pensant ainsi, elle en vint à se dire qu'elle aurait du le faire plus tôt. Qu'elle aurait du le mettre en face des faits plus rapidement. Oh, et en allant ainsi, elle aurait du faire tellement de choses que cela devenait stupide. Autant laisser aller les événements tels qu'ils se déroulaient dans l'instant présent, et cesser de regarder vers le passer. Parce qu'en ce moment, elle imaginait plutôt un futur agréable. Avec lui.

Lui justement qu'elle dévisageait en cet instant, pensive et muette. Toujours tiraillée par l'anxiété. Et actuellement, le visage de son aimé n'avait pas changé, gardant cette expression qui lui fendait le coeur. Pourquoi donc ne réagissait-il pas ? Ce qu'elle lui avait dit n'avait pas été suffisant ? Avait-elle fait quelque chose de mal, de blessant envers lui ? Tout un tas de question défilaient dans son esprit, à lui en donner le tournis, tandis que l'Oni mâle face à elle, ne cillait pas. Du moins, jusqu'à ce qu'elle ne voit ses deux mains, agitées de tremblements, se rapprocher d'elle, et venir s'échouer dans son cou, remontant Très surprise, elle aussi pencha la tête sur le côté, clignant des yeux plusieurs fois. Sondant son regard du sien, y découvrant une flamme bien timide. Pourquoi donc lui lancer un tel regard, qui avait de quoi la faire fondre sans le moindre problème ? Il semblait tout à fait désemparé par la confession qu'elle lui avait faite, à vrai dire. C'était à la fois touchant et un peu déstabilisant, elle qui le connaissait tout à fait fier et inébranlable. Puis, il se pencha, venant assurément quérir un baiser, mais le geste était si maladroit qu'il ne tarda pas à cogner une de ses cornes à l'une de la jeune femme. Cette dernière laissa échapper un soupir légèrement affligé, alors qu'elle le fixait toujours, frissonnant légèrement en sentant ses doigts glisser sur ses lèvres, à défaut d'un baiser. Il resta ainsi un long moment, elle le fixant, sans rien dire. Un peu... Surprise par l'effet qu'avaient pu lui faire ses mots. Ainsi donc... Il ne s'en doutait pas ? Cachait-elle si bien son jeu ou était-elle odieuse au point que penser à de l'amour de sa part était impossible ? Elle se le demandait bien, et fut sortie de sa réflexion par la voix de son vis-à-vis. Qui définitivement, avait un petit souci.

Bon. Là il semblait totalement hors service, et un peu inquiète, Belshazzar passa sa main sur sa joue, muette cependant. Le mâle finit par se redresser, levant les yeux vers la voute céleste. Elle en fit de même, intriguée par son manège. Elle se sentait un peu idiote de rester ainsi sans réponse de sa personne. Cela dit, enfin, il parla. Sans pour autant poser ses mirettes sur elle, ça non. Et ses paroles, elle devait bien l'avouer, étaient bien douces à ses oreilles. A mesure que les mots le quittaient, elle ferma les yeux, laissant ses paroles la bercer doucement. Quoi que ne doutant pas vraiment de qui il parlait, elle sentit son coeur faire un bond quand il en vint à la couleur des yeux de cette mystérieuse terre. Oh, c'était d'une délicatesse exquise à écouter, et lorsque enfin, après une pause, durant laquelle la belle Oni avait rouvert les yeux, il prononça son... nom ?

« Simkin ?! Tu te fous de moi ? » Pour le coup, elle ne savait pas si elle devait se montrer outrée ou juste aterrée par sa couardise. Et Monsieur, bien loin de se rattraper, se justifia en regardant autour de lui, alors que de son côté, la jeune femme le dévisageait d'un air très légèrement agacé, un peu déçu aussi. Du moins, jusqu'à ce qu'elle voit cette main tendue vers elle. Cela suffit à radoucir son visage, un sourire doux et légèrement amusé ornant ses lèvres. Et le voilà qui rougissait ! Si ce n'était pas adorable. Chose certaine, elle allait le taquiner un certain temps avec ce détail. Et son attitude, lorsque finalement il lui donna une réelle réponse, relativement satisfaisante, ne fit qu'accentuer le sourire de la reine.

Sa main déposée sur la sienne, légèrement serrée, elle se rapprocha de lui, et d'un air taquin et malicieux, lui glissa :

« J'ai bien cru que tu allais définitivement te défiler, mon Roi. Je ne pensais pas qu'une femme aussi frêle que moi pouvait te faire perdre tes moyens avec des mots. ~ » Elle rit. Non pas moqueuse, juste amusée, et heureuse, il fallait bien l'avouer. A sa hauteur, elle déposa un baiser tendre sur ses lèvres, pour ensuite lui glisser, la tête penchée sur le côté, elle ajouta :

« Allons donc chercher cet homme que tu sembles désirer trouver si ardemment. ~ » Et toujours, cet air malicieux collé à son visage au teint sablé, décoré d'améthystes scintillantes te, reflétant le soulagement et la joie qui l'habitait alors. Et, dans un coin de son esprit, elle ne put s'empêcher d'avoir une pensée bien mesquine pour cette fille qu'il avait abandonnée. Après tout, elle restait elle, même réconciliée avec lui.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Mer 18 Juil - 19:23

Si sa réaction fut quelque peu féroce à l’entente du prénom de Simkin, rapidement Belshazzar se radoucit, au grand bonheur de Loegrie. Et elle mit sa petite menotte chaude dans la sienne, preuve de sa confiance envers lui. Une poignée de main mieux qu’un fil rouge, qu’un couple d’anneaux ou qu’une paire de bracelets. Un contact physique, véritable. Tangible. Loegrie resserra ses phalanges autour de la main de sa bien-aimée, à présent effrayé de la perdre dans la foule. Parce que la demoiselle était si fragile et si prompte à se laisser emporter par ses sentiments… ou par un autre. Oui, il avait encore cette folle angoisse qu’elle ne rompe leur contact pour s’embarrasser d’un autre. Bien qu’elle lui ait déclaré son amour. Ah ! Son cœur en faisait encore des bonds. Il est toujours agréable de s’entendre dire qu’on est aimé. Encore plus quand on aime follement la personne qui fait face. Jamais l’ogre ne s’y ferait. C’était si rare. Non, il ne ressentait pas de tels sentiments pour toutes les féminines qu’il croisait. Il lui arrivait de leur dire qu’il les aimait, mais cela n’avait pas cette force, cette ardeur. Cela ne le faisait pas rougir ni perdre ses moyens. Pourquoi donc ? N’avait-il pas assez rêvé de ce moment pour le voir venir et rester droit, rester fier ! Non, Loegrie se devait de se comporter comme un adolescent découvrant encore l’amour. Car à chaque fois, ce sentiment se réinventait. Prenait une autre forme. Le trompait et le dévorait. Réchauffant son corps, affaiblissant son âme.

Oui, il donnerait tout pour la conserver auprès de lui. Déjà le faisait-il. Bien que cela ne se voyait pas. Le brun n’avait pas encore donné sa légèreté de mœurs malgré les remarques désobligeantes de Belshazzar. Ni même n’avait abandonné son tempérament tempétueux, jaloux et irascible. Mais il avait offert toute son attention à cette créature à la chevelure pâle. Et c’était déjà beaucoup, pour un individu connu pour son côté solitaire. N’aimant suivre que son avis et ne supportant sur le long terme que lui-même. Même Belshazzar, il ne pouvait pas la supporter trop longtemps. Preuve de cela, leurs nombreuses disputes commencées soit par l’un, soit par l’autre. Il est normal d’avoir des colères avec ceux qu’on aime. Mais si souvent ! Si violemment ! Était-ce là la faute à leur race ? Race qui fait frémir les enfants et leurs parents. Qui est dite aimer ce qui est rouge. Le vin, le sang, la colère. Ivres d’ire aux empoignades faciles, mais aux réconciliations tout aussi chaudes et houleuses. Peut-être se disputaient-ils dans le seul but que de vivre ces moments de pardon, où leur bagarre se transforme en étreinte et leurs hurlements en jouissance.

Comme là, alors qu’ils venaient de se débattre comme des malades contre la fièvre, pour enfin renverser leur haine et amour… il leur avait fallut neuf ans. Neuf ans pour que tout ce venin enfin fasse fondre leurs barricades et laisse se rencontrer les drapeaux blancs, en un baiser qu’elle lui offrit, toute heureuse d’enfin pouvoir le rejoindre. La guerre semblait être finie. Oh, il y aurait encore quelques attentats terroristes entre les deux nations, l’entente parfaite n’existe pas. Mais Loegrie ne voulait pas penser au futur. Faire des plans qui jamais ne se réaliseront ou des rêves aux allures de conte de fées… très peu pour lui. Il fallait savourer le moment présent et garder gravé en son souvenir les sentiments qui traversaient son corps. Ce sentiment de faiblesse, ces jambes qui se sentaient comme des cure-dents pliants sous le poids d’un roc. Belshazzar avait plus de force qu’elle ne le pensait. Elle était une femme et ô combien Loegrie aimait les femmes. Surtout celle-là.

Et elle s’en alla, lui proposant de passer à autre chose, ayant effacé d’un revers de la main ce par quoi ils avaient commencé la soirée. Et que ses yeux brillaient ! Deux dangereuses janthines, deux lilas en pleine floraison. Cela fit grandir le sourire de Loegrie, dont les joues étaient encore un peu rouges. Sa main se sépara de cette de Belshazzar, pour remonter la prendre par l’épaule, la collant contre lui avant de la guider au travers des passants. Et ainsi, il avait moins de chance de la perdre et tous comprendraient le lien, trop longtemps bafoué et refoulé, qui les unissaient. Parce que s’il continuait à la fixer ainsi il allait se prendre un poteau, l’ogre finit par faire aller son regard sur la foule, à la recherche de Simkin. Parce que c’était bien beau de marcher et d’être heureux, mais c’était aussi très bien de savoir où ils allaient. Ah, Loegrie espérait que quelqu’un n’avait pas déjà trouvé ce que désirait l’étrange être aux manières théâtrales ! Sur le chemin, il finit par briser le silence, après avoir réussi à reprendre un peu de sa contenance.

« Tu es comme le talon d’Achille. »

Oui. Elle semblait bien inoffensive. Mais était certainement son plus grand point faible. Quoique… les serpents peut-être étaient encore plus dangereux. Mais d’une façon si différente ! Il pourrait braver un serpent pour elle. Oui, tant qu’il n’était pas dans ce genre de situation, Loegrie pouvait se dire cela. Un sourire, un long regard, et voilà qu’il aperçut enfin la chevelure de Simkin, devant lequel il s’arrêta et, sans attendre, demanda. « Eh… c’est bien beau l’blabla que vous nous avez fait… mais on pourrait pas avoir deux ou trois indices sur ce que vous aimez ? » Toujours entier. Mais plus seul.


Dernière édition par Loegrie M. Hapkhanasuan le Lun 1 Oct - 20:06, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Mer 5 Sep - 22:19

Quelle joie ! Quel amusement sans fin ! Cette soirée avait décidément tout pour plaire : lui, le grand Simkin, homme le plus furtif d'Hiromae - selon lui du moins - siégeait tel un Roi près de la scène, assis sur un gigantesque fauteuil surchargé de décorations plus tape-à-l’œil les unes que les autres. Il observait la foule aller et venir devant lui, telle une masse grouillante d'individus quêtant un peu de bonheur dans ce bas monde. Certains étaient déjà venu tenter leur chance pour son petit jeu mais aucun n'avait réussi jusque là, quand aux demandes d'indices... Et bien... Vous verrez si quelqu'un en fait une autre !

Tandis qu'il regardait une shiatsuku faire un bras de fer contre un loup-garou, il vit du coin de l’œil un homme - non oublions le -, donc une femme avec un poteau à jambes, qui venaient vers lui. Bien qu'ayant un charme particulier du à sa race, la femme n'en était pas moins séduisante et sa vieille habitude menaçait de frapper de nouveau. Tandis qu'il se levait pour accueillir cette charmante enfant, un gigantesque Oni se matérialisa devant lui avec une mine peu commode... D'accord, c'était lui le poteau : à première vu un tas de muscle peu évolué, rien de bien méchant en somme. Celui-ci déblatéra quelque chose dont le maître de cérémonie n'eut cure, quelque chose à propos d'indices à priori, mais le vampire s'avança doucement d'un pas sûr, noble et altier afin de saluer dans les règles de l'art la femme qui se tenait derrière monsieur muscle via une gracieuse révérence.


- Bien le bonsoir mademoiselle, sachez que c'est un véritable bonheur de contempler une aussi ravissante créature telle que vous. J'espère que le festival est à votre goût. Si je peux faire quoi que ce soit pour rendre la soirée plus divertissante, n'hésitez pas. Enfin, tant que cela reste dans mes attributions du moins...


Puis il lui décocha un magnifique sourire chaleureux avant de se tourner vers le géant à ses côtés, perdant au passage toute trace de cette sympathie presque débordante pour passer au sourire poli de simple convenance en haussant un sourcil.

- Avant de demander quoique ce soit, la moindre des choses est de se présenter non ? Enfin passons, la politesse semble disparaître avec le temps qui passe j'ai l'impression et je doute pouvoir y faire grand chose... Ce serait surement peine perdu avec certains en plus...


Regard éloquent mais assez discret vers Loegrie afin que sa compagne ne puisse voir que cette pique était directement destinée au colosse. Puis il se rassit sans ménagement sur son véritable trône surélevé, toisant presque ceux qui se trouvaient en contrebas, enfin surtout les hommes en fait...

- Bien, vous voulez donc un indice c'est ça ? D'accord, mais à condition que vous répondiez à une énigme de mon cru... Enfin si vous en êtes capable... Alors ?


Fin de phrase ponctuée d'un sourire limite mesquin. Non pas qu'en réalité Simkin doutait de l'intelligence de son interlocuteur - après tout qu'est-ce qu'il en savait ?! - mais il avait envie de s'amuser et de titiller autrui. Hors il est souvent tellement plus drôle de lancer des piques à des races précises... Comme les Onis par exemple... Le vampire se demandait d'ailleurs comment son nouveau jouet allait répondre à cela. Cette soirée promettait d'être vraiment divertissante...
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Jeu 20 Sep - 3:00

Finalement, c'était mieux ainsi. Elle préférait nettement cette ambiance de réconciliations que leurs disputes qui depuis neuf ans duraient. Des disputes pour tout et pour rien, des choses parfois insignifiantes, parfois plus graves. De la jalousie, de l'envie, du dépit. Elle était passée par tous ces sentiments, et bien d'autres encore, souvent triste. Armée avant tout de son venin le plus corrosif, de ses paroles qu'elle savait acerbes, blessantes. Autant à l'égard de l'oni que des femmes qui de trop près l'approchaient. Dieu qu'elle pouvait les haïr, ces pimbêches qui se prenaient pour des créatures désirables, tournant autour de son mâle comme des harpies salivantes. Elle leur vouait une haine féroce et agressive, pour tout dire.

Pourtant, en temps normal, Bel n'avait rien de bien méchant. Elle parlait souvent fort et n'avait pas la langue dans sa poche, c'était un fait, mais restait malgré tout une personne plutôt chalheureuse et sympathique, souriante, également. Aimant bien discuter avec les clients de son lieu de travail. Seulement, il y avait des sujets qu'il ne fallait pas toucher de trop près. Et inévitablement, dès qu'une créature féminine trop avenante se rapprochait de Loegrie, elle n'y pouvait rien, elle se mettait à la haïr. Parfois, elle avait honte d'être aussi vile et agressive avec ces filles qui somme toute n'avaient rien demandé de plus que l'attention de l'homme. Mais c'était son homme, et pour cette raison, seule et unique raison, aucune d'entre elles n'avait le droit de poser son attention, ses désirs ou quoi que ce soit d'autre sur lui.

Malheureusement, elle le savait quelque peu volage, et surtout amoureux des femmes. Elle connaissait son penchant, et c'était une chose qui bien longtemps l'avait ralentie dans ses élans envers lui. Parce que la demoiselle ne souhaitait guère se retrouver à devoir supporter qu'il la trompe, ou s'approche de trop près d'une autre femme qu'elle. Jalouse, à en mourir. Oh oui.

Cependant, là, tout semblait aller. Elle avait toute son attention, et en était ravie. Et dire qu'il leur avait fallut presque une décennie pour finalement s'avouer clairement leur amour respectif. Ils n'étaient pas bien malins, pour tout dire. Enfin. A présent, quelque chose de nouveau leur arrivait. Et sans penser à demain, la soirée promettait encore d'être belle, elle espérait juste que cela dure.

Parce que Loegrie, elle l'aimait, du fond du coeur.

Les voilà dans la foule, à présent, pour aller quérir quelques indices auprès du maître de cérémonie. Pensant pouvoir garder sa main dans la sienne, la demoiselle à la chevelure opaline fut plus que surprise lorsqu'elle sentit la poigne de son mâle échapper à la sienne, et releva les yeux vers lui. Cela dit, un léger sourire s'étira sur ses jolies lèvres lorsqu'elle sentit la main de ce dernier enserrer fermement son épaule. Encore mieux.

Appréciant le contact protecteur et agréable, elle releva doucement sa main vers celle de son compagnon, celle résidant sur son épaule, et la posa là, caressant doucement sa peau du bout des doigts.

Ainsi, ils marchaient, traversaient la foule pour rejoindre Simkin, là-bas, sur son trône de fanfaron. Les mots de son semblable firent sourire la demoiselle, un sourire en coin, un peu taquin. « J'avais cru comprendre, oui. » Puis, croisant son regard, elle se radouci légèrement, sa main toujours caressant la sienne.

Ah, voilà donc celui qu'ils cherchaient tous deux. Longuement, elle l'observa, et remarqua bien vite le regard que ce dernier posa sur elle. Un sourire presque amusé naquit sur ses lèvres lorsque le vampire se leva pour lui faire une révérence, suivie de salutations fort charmantes. Le sourire qui arriva en suite la fit sourire à son tour, penchant légèrement la tête. Pour tout dire, elle se doutait légèrement qu'il devait bien plus apprécier la présence de demoiselle charmantes que d'hommes tels que l'Oni à ses côtés. Ce ne serait guère étonnant, en tout cas.

Doutes qui se confirmèrent quand il passa justement à son compagnon. La remarque qu'il proféra lui fit légèrement hausser les sourcils. Elle n'aimait pas trop ce genre de sous-entendus désagréables. Cependant, elle ne se départit pas de son joli sourire, écoutant ce que leur vis-à-vis avait à dire. Une énigme ? Bah, pourquoi pas, hein. Bel avait confiance en ses connaissance, son intelligence. Elle était cultivée, après tout.

Mais avant cela, elle ne put s'empêcher de lui glisser quelques mots, ne le lâchant pas du regard, un sourire charmeur et doucereux aux lèvres. « Vous me flattez. Et ne vous en faites pas, tout va bien, la fête est parfaite, vous êtes un maître de cérémonie merveilleux. » Elle lui léchait un poil les bottes. Cependant, sa main était toujours sur celle de son mâle, et son corps toujours aussi proche du sien, si ce n'est plus. « Cela dit, il y a bien une petite chose que vous pourriez faire pour moi, oui. » Elle se mordilla légèrement la lèvre. « Evitez juste d'être désobligeant avec mon compagnon. Ce serait adorable de votre part. ♥ » Son sourire s'accentua, toujours aussi délicieux, malgré le sérieux de sa voix. Elle leva légèrement les yeux vers son cher et tendre, pour ensuite revenir sur l'autre homme.

« Enfin, mis à part cela, ce serait un plaisir d'écouter votre énigme. Évidemment. » Voilà, tout simplement. Il ne restait plus qu'à attendre qu'il se décide.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Lun 1 Oct - 20:04

Quel individu fat et imbu de lui-même, Loegrie en était jaloux – une prestance différente de la sienne et une façon de parler plus séduisante que son mâchonnage de japonais. Déjà que de loin l’oni appréciait peu ce fat bellâtre, de près c’était encore pire et même, il lui sembla percevoir que c’était… réciproque. C’était bien Loegrie qui avait le premier la parole mais le salut alla à son amie, laissant le brun abasourdi par tant d’impolitesses de la part de cet être endimanché de froufrous comme un mort dans son cercueil. Ses oreilles chauffèrent rapidement, rougies par sa jalousie, ce qui empêcha sa mâchoire de se desserrer pour remettre à sa place ce malotru. Belshazzar, il n’y avait que lui qui pouvait lui faire des compliments. Que lui qui pouvait lui adresser la parole, même. Plus que possessif ? Certainement. En tout cas, sa bonne humeur venait de disparaître, au profit d’un agacement certain qui se traduit par une grimace accompagnée d’un grognement de grizzli baveux quand enfin Simkin enfin daigna poser son regard sur sa haute silhouette. Puis, alors que ce dernier lui lança quelques dernières piques, l’oni se demanda de quelle façon il tuerait le maître de cérémonie et comment le cuisinerait-il avant de l’offrir à une quelconque bête sauvage.

La politesse. Depuis quand on reprochait à un oni d’être impoli ? Qui plus est, Loegrie était certainement le plus poli des onis ! Agréable et serviable, un véritable ange. Et le cornu avait beau n’être pas aussi raffiné que ce dandy pailleté, il comprenait quand-même ses sous-entendus et se sentit terriblement vexé. On ne le traitait pas d’homme des cavernes, d’ingrat sans possibilité d’apprentissage là ? Néanmoins, Belshazzar fut plus rapide à prendre la parole, et parce qu’on ne coupe pas la parole aux gens, le masseur prit le temps de se calmer ; mais juste un peu. Puis les mots de sa reine le flattèrent tant ils étaient doux et mignons, ce qui fit qu’un instant Loegrie cessa de fusiller du regard Simkin pour couvrir d’une œillade la plus mielleuse et romantique qu’il soit possible pour un oni la jeune femme en habit traditionnel. Puis, son visage de nouveau se durcit pour se concentrer sur celui de l’ennemi.

Oui. L’ennemi. Car tout mâle portant un peu trop d’importance à la gonzesse de Loegrie (nous parlons bien ici la grande cornue nommée Belshazzar) passait dans le camp adverse. Mais parce que l’oni voulait montrer qu’il avait plus de tenue que ne pouvait penser Simkin de lui, il se retint d’hurler avant de charger – une bien mauvaise manie aussi distinguée que le pas d’un mammouth. Aussi inspira-t-il et expira-t-il profondément, avant de réfléchir (parce que oui, cela lui arrivait). Une énigme. Simkin avait traité de toutes les façons possibles Loegrie d’idiot et lui proposait une énigme ? Ce dernier n’était même pas sûr qu’il puisse y répondre, tiens. Et de combien de tonnes de honte se couvrirait-il alors ! Devant sa reine, qui plus est. Et elle, saurait-elle de quoi Simkin parlerait ? En étaient-ils capables ? Il ne pouvait pas reculer, non plus… fichue fierté. Et puis bon, peut-être que c’était une énigme de rien du tout !

« Allez-y, balancez. »

Parce que si on le trouvait d’ors et déjà impoli… pourquoi s’embêter à se montrer poli. Néanmoins, pour marquer son territoire (d’une façon propre et civilisée) Loegrie lâcha la main de Belshazzar pour la saisir par l’épaule, alors qu’elle s’était rapprochée de lui. Mais son air contrarié n’avait rien de doux et tendre et même, son geste avait été quelque peu brusque. Simkin ne le mettait pas à l’aise. Avait-il bien fait d’avouer son attachement à Belshazzar ?

Ah non, pas question de revenir en arrière. Il piaffa comme un taureau, avant de rajouter quelques mots. « Et je me nomme Loegrie Hapkhanasuan. Puis là c’est Belshazzar Sarrat-Deri. Ma compagne. » Ses derniers mots avaient étés appuyés dans un grincement de dents, pour bien montrer qu’y toucher (et ne serait-ce que la regarder) était passible de représailles. En même temps, il s’en voulait de se présenter… c’était comme si les paroles du maître de cérémonie l’avaient fait réagir et forcé à rentrer dans le droit chemin de la politesse. Que c’était désagréable !

« Grrr. »
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Ven 19 Oct - 14:32

[Gros désolé pour l'immense retard, j'ai du mal à RP en ce moment, désolé pour la qualité laissant à désirer >.<]

Le maître de cérémonie s'amusait devant les réactions si visibles de Loegrie mais il était encore plus intéressé par celles de Belshazzar... Si le premier réagissait tout à fait comme il l'avait escompté en bon oni bien basique qu'il était, la femme par contre était beaucoup plus... calme. Elle maniait le sarcasme et la flatterie avec un certain talent, qui n'était d'ailleurs pas pour déplaire à Simkin.

Néanmoins, les paroles de l'un comme l'autre de ses interlocuteurs glissèrent sur lui sans le départir de sa bonne humeur apparente, il ne leur répondit que d'un simple sourire de circonstance, comme si dire le moindre mot aurait été superflu et que tout était déjà entendu... Il avait l'habitude des conflits dus à son comportement après tout... Celle qui avait été - secrètement - sa meilleure amie lui avait souvent répété. Mais bon, il avait hérité du comportement de son oncle à force de passer du temps avec lui, au grand regret de son père d'ailleurs...

Quoiqu'il en soit, les deux individus étaient maintenant prêts à écouter son énigme, du moins c'est ce qu'ils disaient, car Simkin doutait un peu pour l'efficacité du dénommé Loegrie. C'est pourquoi il se tut un instant, ravalant l'énigme qu'il avait concocté pour d'éventuels curieux en recherche d'indices et en cherchant une plus simple... Lorsqu'il trouva enfin, un large sourire s'étira sur son visage : il avait l'énigme parfaite ! Simple mais pas trop, tout à fait à la portée d'un Oni. Car oui, son but n'était pas de planter ses deux interlocuteurs, il était après tout ici pour les aider à passer une bonne soirée en premier lieu - même s'il en profitait un peu au passage -...


- Ravi de voir que vous êtes prêts pour cette petite épreuve ! La voici donc mes chers tourtereaux :
Avant de me trouver, tout est noir comme la nuit
Une fois qu'on me tient c'est le bonheur infini
On l'associe souvent au rouge et au blanc
Mais malheureusement parfois il s'étiole, vous laissant sur le banc
Dans une brume grisâtre, tout semble fini
Jusqu'à ce qu'on le retrouve par ici...



Il se tut alors un instant pour laisser le temps aux deux onis d'assimiler l'énigme puis il reprit la parole sur son même ton charmant.

- Alors, des idées ? Attention vous n'avez le droit qu'à une réponse, réfléchissez bien...


Puis, tel un pacha, il se rassit dignement sur son "trône", contemplant les deux individus derrière son masque en affichant un sourire clairement amusé...
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Mar 23 Oct - 0:09

Autour d'eux, les gen se baladaient, parfois en groupes d'amis joyeux et bruyants, d'autre fois seuls, ou encore, en couple. Comme eux. Cela lui faisait bizarre, pour tout dire. Difficile de s'imaginer que tout s'était arrangé, comme ça, d'un coup. Surement, à force, était elle fatiguée de sans cesse se disputer avec ce mâle aussi buté et borné qu'un phacochère. Mâle pour qui elle nourrissait de forts et sincères sentiments, depuis près de neuf ans. Oui, il leur avait fallu autant de temps pour enfin réussir à s'entendre un peu. Enterrer la hache de guerre et lever le drapeau blanc. A nouveau se balader main dans la main. Un sourire aux lèvres. Le cœur un peu plus léger. Belshazzar se sentait tellement mieux, à présent. Même si une légère inquiétude perdurait, là, perdue dans les méandres tortueuses de son coeur un peu trop esseulé.

Qu'importe. Tout allait aller mieux à présent, non ? Elle l'espérait, du moins. Car depuis quelques temps, outre la solitude, elle ressentait le besoin d'avoir quelqu'un auprès d'elle. Loegrie n'était pas le plus fiable des hommes, elle s'en doutait. Un peu trop amoureux des femmes pour ne commettre aucuns écarts et parfois trop caractériel, mais quelque chose, quelque chose d'incompréhensible, la poussait à vouloir être auprès de lui. Croire au destin serait un peu trop exagéré, mais il fallait tout de même admettre qu'il n'y avait rien de mieux que deux êtres de la même espèce pour aller ensemble et se comprendre, se supporter. Quand bien même lesdites créatures étaient toutes deux dotées d'un très fort -et explosif- tempérament.

La jolie demoiselle cornue ne manqua pas le moins du monde le regard doucereux, mielleux que lui lança son compagnon lorsqu'elle prit sa défense, tout en délicatesse. Elle en fut bien ravie, d'ailleurs, et sentit ses joues se réchauffer un peu. Remerciant une fois de plus sa peau légèrement bronzée d'être capable de masquer ce genre de petits désagréments.

Autre chose qui capta bien rapidement son attention, l'amusant un peu, il fallait l'avouer, ce fut à quel point son compagnon pouvait se montrer possessif et méfiant. Face à un quelconque autre être masculin se trouvant en sa présence. Ça avait quelque chose de ridicule et d'adorable à la fois, non sans rappeler sa propre attitude lorsqu'une demoiselle un peu trop téméraire venait fourrer son décolleté sous le nez de monsieur. Agissait-elle aussi de façon si peu réfléchie et agressive ? Vraiment ? Ayant du mal à s'en rendre compte, mais tout de même perplexe, la jolie Oni reporta finalement son attention sur le maître de cérémonie, laissant son cher compagnon raffermir leur relation d'un bras passé autour de ses épaules, et de quelques mots bien appuyés.

Puis, ce fut au tour du fameux Simkin de se manifester à nouveau. Au sujet de l'énigme, ne relevant en rien le comportement du mâle ou de sa jolie femelle, visiblement bien moins intéressée par la fameuse énigme que monsieur. Qu'importe. Cela faisait partie de la fête, autant y participer. Et puis. Elle restait tout de même un minimum curieuse.

Voilà donc la fameuse énigme. Sans sembler impossible -sinon quel serait l'intérêt ?- elle donnait tout de même à réfléchir un minimum. surtout qu'il venait de préciser qu'ils n'avaient le droit qu'à une seule réponse.

Partante pour réfléchir un peu et se concerter avec monsieur, elle fut cependant doublée par ledit monsieur, qui ne trouva rien de mieux à répondre que la première idiotie qui lui passait par la tête. Et dieu sait qu'il devait en avoir, des bêtises, dans son crâne de phacochère irréfléchi.

Bien rapidement, laissant échapper un soupir agacé, elle lui donna une franche claque derrière le crâne, pour ensuite se passer une main sur le visage, secouant la tête doucement. « Ne l'écoutez surtout pas. Mon compagnon a tendance à parler avant de faire fonctionner sa cervelle. » Une légère pointe d'agacement dans la voix. Et c'était de notoriété public que les Onis n'étaient pas les créatures les plus futées qui soient. Et Loegrie n'arrangeait guère cette croyance populaire.

Par la suite, soupirant encore, la jolie reposa ses prunelles améthystes sur Simkin, perché sur son trône comme un bienheureux, et d'une voix radoucie, lui répondit alors : « Sans être certaine de ce que j'avance, je dirais que la réponse serait l'amour. C'est ce qui me semble être le plus... évident. » Et non une bêtise quelconque sortie de l'esprit d'un certain oni.

Disant cela, Bel n'avait pu s'empêcher de laisser voir un petit sourire étirer ses lèvres, quelque chose de tendre et charmant. Elle restait une femme un tantinet romantique, et ce genre d'évocation ne pouvait que l'émouvoir un peu. Surtout dans la situation actuelle. Outre cela, sa main vint se déposer sur celle de son compagnon, histoire qu'il ne pense pas qu'elle était fâchée envers lui, de quelque façon que ce soit. Au contraire. Et même, elle releva ses mirettes vers lui, battant des cils, le couvant d'une œillade des plus amoureuses qui soit.

Curieuse de connaître la réponse, au final.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Lun 19 Nov - 1:41

Ses mots. C’était poétique, mystérieux. Cela tournait du pot, cela voulait tout dire en en disant peu. Loegrie eut un mot qui de suite se forma dans sa tête, mais sa qualité de mâle brutal lui empêchait de le crier. Parce que c’était trop romantique, trop tarte – et que s’il pensait mal, il allait se taper la honte de sa vie. Ah, cela se devait d’être autre chose. Ah ! Oui. Cela pouvait être… ça. Avant, tout est noir comme la nuit. Comme du terreau, riche et humide. Et une fois qu’on le tient pour sûr c’est le bonheur infini – car le temps et l’énergie demandé pour faire croitre cette chose est tel qu’enfin la posséder, c’est se retrouver extatique comme après un saut à l’élastique ou un trip sous acide. Oh, de ce qu’on lui disait, cette drogue avait de sacrés effets. Il faudra qu’il essaye, un de ses jours. Une chose associée au rouge (pardi, c’est rouge) et au blanc. Oui, c’est délicieux avec du sucre raffiné ou du fromage blanc. Rien de meilleur qu’un plat simple aimait à dire l’oni indélicat. Et quand le met s’avérait dégoûtant, moisi ou trop acide, le laissant sur le banc, c’était des hurlements qui lui échappaient. Oui. Tomber sur un fruit gâté, c’était comme sortir d’un rêve. Tout devenait gri… c’était la fin. Oh, quelle tristesse ! Mais heureusement, des fraises, il en pousse par-ci par-là.

Oui. Des fraises. Ce fut bien là sa réponse. « Des fraises ! » cria l’oni sans attendre, se cueillant au passage une claque sur l’arrière de sa caboche de la part de Belshazzar, excédée. Un « aïeuh » lui échappa alors qu’il la regarda méchamment de ses yeux tous noirs, n’aimant pas être frappé par qui que ce soit. Surtout qu’il ne comprenait pas pourquoi elle réagissait ainsi. N’était-ce pas des fraises, dont Simkin parlait ? Aimer les fraises était quelque chose de naturel et courant, voyons ! Même chez les races inhumaines. Un sifflement lui échappa, un reniflement suivit. Il avait fait fonctionner sa cervelle, et l’avait fait admirablement bien. Loegrie n’appréciait aucunement qu’on parle de lui en de tels termes, il se sentait profondément abruti – alors que depuis des centenaires il tentait de lutter contre le cliché qui faisait de tout être cornu un idiot ineffable. Même s’il aimait en jouer et que parfois, il se rendait d’à quel point il n’était qu’un individu dont l’idiotie n’avait pas de limites.

La réponse de sa compagne vint et elle prononça, sans aucune honte, le terrible mot que Loegrie avait fui. L’amour. Non, ce n’était pas le plus évident. En plus, que la demoiselle cornue ainsi le dise, en sa présence et le regard qu’elle lui offrit le fit rougir jusqu’à la pointe des oreilles. Et son contact avec sa main. Cela l’électrisa. Tout à coup, la fête, Simkin, les fraises… tout disparut. L’oni voulait juste prendre sa semblable dans ses bras et l’emmener ailleurs. Dans un endroit plus intime où les vêtements n’étaient pas utiles. Mais l’oni se fit violence pour de suite ne pas l’enlever et, retirant sa main de celle de Belshazzar, qu’il avait un moment serré, il croisa les bras et regarda ailleurs, outré et princier.

« Des. Fraises. » répéta-t-il, plus têtu qu’une mule. Cela se tenait tout autant que l’amour. Même si cette réponse était plus poétique et plus digne de toucher les cœurs sensibles. Mais Loegrie n’aimait pas apparaître comme quelqu’un de sensible. Il était né roi et dans son âme resterait roi – un être se voulant n’être dirigé que par sa raison. Hélas, cela lui allait bien mal. Combien de fois par jour s’emportait-il pour des broutilles ? Comme là. Il aurait pu réfléchir un peu plus… trouver peut-être meilleure réponse. Quelque chose qui aurait flatté sa dame. Oui, il aurait pu crier que c’était l’amour et planter ses mirettes de jais dans celles de sa reine avant qu’elle ne le fasse et lui dédier par ce biais tous les bons sentiments qu’il pouvait ressentir, rouges et blancs comme des fraises au sucre. Doux. Mielleux.

Qui n’avaient rien avoir avec la guerre qu’ils menaient depuis dix ans et qui semblait, aujourd’hui, enfin terminer. Mais là, il boudait affreusement ; parce que n’aimait pas être décrit comme bête comme… comme un oni. Surtout pas par un autre oni, cela revenait à dire qu’il était plus bête qu’un oni. Non mais. Ah, quel enfant.
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MessageSujet: Re: [Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]   Mar 11 Déc - 17:51

Simkin attendit que le couple se concerte tranquillement mais fut surpris par la rapidité - et l'inexactitude - de la réponse de Loegrie. Lorsque l'oni donna sa réponse, il ne put s'empêcher de hausser un sourcil surpris avant de voir le géant se prendre une petite claque sur l'arrière du crâne de la part de sa compagne. Le maître de cérémonie soupire intérieurement... Les onis... Enfin surtout ce spécimen... La femme semblait nettement plus calme et raffinée que la plupart des membres de son peuple. Le vieux vampire se demandait d'ailleurs dans quel milieu cette dernière avait vécue pour être aussi calme et réfléchie.

Un sourire s'étira sur ses lèvres lorsqu'il entendit la réponse de Belshazzar tandis que le grand dadais s’obstinait avec sa réponse tirée par les cheveux. Avait-il honte de la réponse ? Si c'était le cas, il souhaitait à sa compagne bien du courage dans certaines situations... Il se leva alors lentement avec la grâce qui caractérise tout véritable noble vampirique avant de s'incliner doucement devant la femme qui lui faisait face.


- Il va s'en dire que je prendrais votre réponse en compte et non celle de votre compagnon, loin de moi l'idée de refuser cela à une femme aussi belle et raffinée.



Puis il se releva, prêt à rendre son verdict... Il sonda les yeux des deux onis qui attentaient avec curiosité - voir impatience - la réponse de l'énigme. C'est en souriant qu'il leur fit part du résultat.

- Bravo ! Laissez moi vous féliciter. C'est bel et bien la réponse à ma petite énigme, je l'ai personnalisé spécialement pour vous, j'espère qu'elle vous aura plu. Maintenant passons aux...


Il s'immobilisa d'un coup, semblant tendre l'oreille avec un air absent. Après quelques interminables secondes d'attente et de silence - relatif vu le bruit ambiant -, il poussa un soupir à fendre l'âme... Il lança alors un regard d'excuse au couple - surtout à Belshazzar en vérité - et s'inclina de nouveau avant de se relever rapidement.

- Hum... Navré, mais des complications m'obligent à laisser notre petit jeu de côté, vous m'en voyez désolé. Néanmoins, puisque vous êtes les seuls à avoir fait quelque chose de significatif pour celui-ci, je vais vous récompenser comme il se doit. Considérez cela comme si vous m'aviez rapporté ce que je demandais.


Une sorte de portail d'ombre d'un noir impénétrable apparu alors près de l'homme tandis qu'il tandais la main afin de passer celle-ci à travers. Ils sembla ensuite farfouiller à l'intérieur avant de pousser un exclamation signifiant qu'il avait trouvé ce qu'il cherchait. Le portail se referma, laissant apparaître la main qui tenait une paire d'anneau d'or et d'argent entrelacés simplement. Les anneaux n'étaient pas particulièrement travaillés mais restaient d'une certaine finesse et brillaient de par leur simplicité. Il tendit alors la paire aux "gagnants", attendant qu'ils les prennent.

- Ces anneaux vous iront parfaitement je pense... Ils permettent de ressentir lorsque l'autre est en danger et donnent sa localisation si vous vous concentrez dessus. Vous verrez le coup de main est rapide à prendre. Sur ce, bien que cela m'en coûte, je dois vous laisser.



Ce fut alors dans un tourbillon d'ombres que le maître de cérémonie s'en fut... sans plus de cérémonies !

Spoiler:
 
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[Partie I] 18H : Cérémonie d'Ouverture [CLOS]

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